Paris Match Belgique

Une bière du Brussels Beer Project fait polémique en Nouvelle-Zélande

brussels beer project

La bière bruxelloise est-elle offensante ? | © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Société

La bière bruxelloise du Brussels Beer Project baptisée Maori Tears a déclenché les foudres de Néo-Zélandais, qui estiment que cette appellation est « culturellement et spirituellement offensante », rapporte mardi le journal néo-zélandais New Zealand Herald.

En Nouvell-Zélande, la Maori Tears du Brussels Beer Project ne passe pas. Dans le journal New Zealand Herald, les Néo-Zélandais estiment que ce nom est « cutlurellement et spirituellement offensant« , alors que les Maoris, peuple indigène, représentent environ 15% de la population totale du pays. Ils dénoncent aussi le slogan de cette bière qui dit : « De la Nouvelle-Zélande à Bruxelles, nous encapsulons ces larmes pour capturer leur nature sacrée ». « L’idée de boire les larmes de quelqu’un est spirituellement offensant du point de vue traditionnel maori », souligne dans le journal l’avocat défenseur des droits des maoris, Karaitiana Taiuru. « Qu’est-ce que des larmes de maoris ? Cela signifie-t-il que le brasseur se réjouit que des Maoris pleurent ou que les Maoris sont tristes et boivent pour être heureux ? »

Lire aussi > Nouvelle génération de brasseurs : du rêve à la (dure) réalité

« À première vue, c’est le plus bas niveau d’appropriation culturelle que j’ai vu sur des étiquettes de bière offensantes », poursuit l’avocat. « Toute appropriation culturelle est offensante et à l’heure de la société de l’information, il n’y a pas d’excuse ».

© Capture d’écran Instagram / Brussels Beer Project

« Le terme maori ne devrait pas être utilisé pour de la nourriture et des boissons. Ce mot a une valeur particulière pour le peuple maori et s’applique à nos ancêtres, aux vivants, aux morts et aux générations futures », poursuit M. Taiuru.

Pas la première attaque

Le professeur Pare Keiha de l’Université de Technologie d’Auckland trouve regrettable que les lois néo-zélandaises sur la propriété intellectuelle ne s’appliquent pas à l’étranger. « Les droits de propriété intellectuelle permettent à la culture et à la connaissance traditionnelle maorie d’être reconnues et protégées. Cela permet aussi d’éviter une exploitation commerciale inappropriée », estime-t-il.

L’avocat Taiuru a attaqué des brasseurs à deux reprises, en Grande-Bretagne, pour des bières qui portaient une appellation « maori ». Les deux brasseries avaient retiré les étiquettes et appellations contestées.

Avec Belga

CIM Internet