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La génération des « enfants perdus » de Syrie

"Le risque d’avoir une génération brisée, perdue par les traumatismes et un stress extrême, n’a jamais été aussi grand", selon Save The Children. | © AFP PHOTO / George OURFALIAN

Société

La guerre en Syrie pourrait engendrer une génération « perdue » d’enfants en raison des traumatismes endurés sous les bombes, selon l’organisation humanitaire Save the Children.

Au moins trois millions d’enfants vivent dans des zones de guerre en Syrie et sont confrontés chaque jour aux bombardements aériens et aux tirs d’obus dans un conflit qui entame sa septième année.

Les entretiens menés auprès de plus de 450 enfants et d’adultes montrent un haut niveau de stress psychologique parmi les enfants, dont beaucoup souffrent d’incontinence ou développent des difficultés d’élocution. Les adultes ont rapporté que deux tiers des enfants avaient perdu un proche, vu leur maison bombardée, ou souffert eux-mêmes de blessures liées à la guerre.

« Après six ans de guerre, nous sommes à un tournant », affirme l’ONG dans un rapport intitulé « Invisible Wounds » (blessures invisibles) consacré à l’impact de la guerre sur la santé mentale des enfants. « Le risque d’avoir une génération brisée, perdue par les traumatismes et un stress extrême, n’a jamais été aussi grand », selon Save The Children.

AFP PHOTO / Abd Doumany – Des enfants syriens à Douma.

Des petits « psychologiquement démolis et épuisés »

Quelque 84% d’entre eux ont évoqué comme première cause de leur stress les bombardements aériens et les tirs d’obus. Et 48% des adultes ont rapporté que les enfants avaient perdu leur capacité à s’exprimer ou développé des difficultés d’élocution depuis le début de la guerre. 81% des enfants sont en outre devenus plus agressifs tandis que 71% souffrent souvent d’incontinence.

Les enfants à Madaya sont « psychologiquement démolis et épuisés », selon un enseignant de la ville cité dans le rapport. « Ils dessinent des enfants qui se font massacrer, ou des chars, ou le siège et le manque de nourriture ». « Les enfants espèrent mourir pour aller au paradis et être ainsi au chaud, manger et jouer », raconte un autre enseignant à Madaya.

Avec Belga

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