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Depuis l’après-guerre, des milliers de femmes belges ont accouché sous X dans le nord de la France

Ils sont très nombreux, ces adoptés nés d’une mère belge dans le nord de la France. En amont de leur difficultés existentielles, il y a des drames sociaux, des secrets de famille... | © ©Ronald Dersin

Société

Valérie vit en Belgique. Elle a 35 ans… Depuis vingt ans, une idée l’obsède : qui est cette femme de 15 ans qui lui a donné la vie  « sous X » dans une maternité de Dunkerque ? Pourquoi l’a-t-elle abandonnée ? A-t-elle été contrainte ? Était-ce un rejet ? Une erreur de jeunesse ou un viol ? Les scenarios se font et se défont dans sa tête. Pas aisé d’être une « sans origines ».

Par Michel Bouffioux

Ils sont très nombreux, ces adoptés nés d’une mère belge dans le nord de la France. En amont de leur difficultés existentielles, il y a des drames sociaux, des secrets de famille, l’implication militante et pas toujours désintéressée d’organismes d’adoption, de congrégations religieuses, comme dans le très interpellant film de Stephen Frears, Philomena. Il y encore des récits de femmes sous influence, de filles «déchues» que l’on « cacha », que l’on encouragea à l’abandon et qui ne parvinrent jamais à oublier l’enfant qu’elles portèrent. Parfois des retrouvailles ont lieu. Parfois seulement…

« C’était de l’endoctrinement »

Le 23 avril 1983, à moins que ce fut le jour précédent, le moteur de la Renault 4L se mit à ronronner. Au volant, se trouvait sans doute sœur Marie-Johanna, à moins que ce jour-là, il se soit agi de sœur Mieke ? Ce trajet-là, ces religieuses de la Congrégation « Kindsheid Jesu » le faisaient toujours à deux. Plusieurs centaines de fois leur véhicule emprunta ces routes. Les plus petites, autant que possible. Celles qui étaient naguère fréquentées par les contrebandiers. Départ de Lommel dans le Limbourg, direction Bruges. Ensuite cap vers le Nord de la France. Pour aboutir à Lille, dans les appartements d’une sage-femme, ceux de Jeanne R., boulevard Victor Hugo. Ou pour se rendre dans une maternité privée des environs de Dunkerke, par exemple à Malo-les-Bains.

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Que pensait cette jeune fille de 15 ans assise sur le siège arrière de la 4L ? Était-elle paniquée alors que ses contractions avaient déjà commencé. C’était toujours comme cela lorsque les sœurs du foyer « Tamar » prenaient la route. De nombreuses femmes qui eurent à s’asseoir sur ce même siège d’angoisse en ont témoigné : le départ se faisait au dernier moment. Goût du risque ? Recherche d’adrénaline ? Inconscience de femmes déconnectées de la réalité de la chair ? Certaines voies sont impénétrables. L’inconnue de 15 ans comprenait-elle seulement tout ce qui allait bientôt se passer ? Mesurait-elle l’importance du papier qu’elle allait bientôt signer, ce document qui signifiait l’abandon de son enfant ? Était-elle consciente des conséquences juridiques d’un accouchement sous X ? On peut en douter car, là encore, beaucoup de femmes qui vécurent la même expérience témoignent d’un « conditionnement », de « mise sous influence », de « pressions des religieuses » mais aussi de « pressions familiales ». Ces histoires d’abandons témoignent d’une époque, de ses « non-dits », de ses conventions, d’un certain conformisme social.

Anita et Christophe se sont retrouvés après trente-deux ans ©Ronald Dersin

Prenez le cas d’Anita. Pour cette femme qui habite dans les environs de Saint-Trond, cela s’est passé il y a 45 ans. Elle séjourna dans le foyer « Tamar » en 1973 : « Mes parents n’acceptaient pas mon état. Cela ne pouvait pas se savoir. Un prêtre leur a conseillé Tamar. Au sein de ce foyer, Sœur Mieke parlait beaucoup avec les jeunes filles. Dans un premier temps, je ne voulais pas abandonner mon enfant mais, au bout de quelques semaines, j’étais vraiment persuadée que c’était la meilleure solution. C’était du bourrage de crâne, de l’endoctrinement : ‘c’est mieux pour toi, c’est mieux pour l’enfant, c’est mieux pour tes parents. Des bonnes personnes sont intéressées par l’enfant. Son père sera un docteur !’ Un matin de juillet, les contractions ont commencé. On m’a fait une piqure. On m’a mise dans la voiture, direction Malo-les-Bains. La route m’a semblé interminable. 3 heures au moins. A mi-chemin, les deux sœurs se sont arrêtées pour prendre un café. Moi, je suis restée dans la 4L. Les contractions devenaient trop fortes».

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A 23 heures 55, le 23 avril 1983, l’inconnue de 15 ans donna naissance « sous X » à une petite fille. Comme le veut ce genre de circonstances, cet enfant fut trois fois prénommé : « Claire, Sophie, Odile », le troisième prénom faisant office de nom. Cette jeune fille était tombée enceinte à 14 ans, ce qui veut dire qu’elle avait été victime d’un viol. Avait-elle bénéficié d’un soutien psychologique ou l’avait-on montrée du doigt ? S’était-on seulement contenté de la mettre à l’abri des regards indiscrets dans une congrégation religieuse ? Qui était ce « on » ? La famille ? Seulement la famille ? Le curé de la paroisse ? A moins qu’elle n’ait abouti dans cette machine à produire des enfants sans identité parce qu’un ecclésiastique pervers avait abusé d’elle ? Tous ces scénarios sont envisageables car ils ont tous existé.

« Dans ma tête, j’étais encore une petite fille »

Cheville ouvrière du « Groupe de travail sur les droits humains dans l’Église », le prêtre Rick Devillé nous parle d’une femme qui vint se confier à lui. Son parcours ressemble à celui de l’inconnue de 15 ans, à celui d’Anita : séjour à Tamar, accouchement à Dunkerke. C’est ce qui précède qui accroit le sentiment d’indignation. Devillé témoigne : « E.V. m’a raconté comment elle avait été violée par un prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles. Cela s’est passé dans les années ’70. La victime avait 24 ans. Des années plus tard, les faits ont été reconnus par l’Eglise qui a indemnisé la victime ». Pas de poursuites judiciaires. Pour les fraudeurs du fisc, il y a les paradis fiscaux. Pour blanchir les crimes de certains délinquants en soutane, il y eut des foyers d’accueils pour jeunes filles « souillées ». L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Quand le bébé est venu au monde, une infirmière l’a déposé sur mon ventre. J’ai juste eu le temps de lui dire : ‘Ne sois pas inquiet, tout ira bien’. Et puis la sage-femme qui parlait flamand est entrée dans la pièce comme une furie. Elle a crié : « Non, c’est une naissance sous X ! ». On m’a aussitôt repris l’enfant, c’était brutal. 

Comment s’est passé l’accouchement de l’inconnue de 15 ans ? Sans doute pas très bien. Comment aurait-il pu en être autrement ? Anita qui séjourna dans la même maternité qu’elle, la clinique Villette à Malo-les-Bains, n’en garde pas un bon souvenir : « Lorsque nous sommes arrivées, sœur Mieke m’a confiée aux bons soins d’une dame en me disant : « Voilà, c’est la sage-femme qui va s’occuper de ton accouchement. Cette femme parlait le flamand mais je ne me souviens pas d’une prise en charge réconfortante. Dans ma tête, j’étais encore une petite fille. Je dirais l’âge mental d’une fille de 12 ans d’aujourd’hui. Je me vois très seule dans un lieu inconnu ; En état de détresse, abandonnée comme l’enfant que j’allais abandonner. Avec des gens qui parlaient une langue que je ne comprenais pas ».

Bébé
© Unsplash

L’accouchement d’Anita fut douloureux : « Quand le bébé est venu au monde, une infirmière l’a déposé sur mon ventre. J’ai juste eu le temps de lui dire : ‘Ne sois pas inquiet, tout ira bien’. Et puis la sage-femme qui parlait flamand est entrée dans la pièce comme une furie. Elle a crié : « Non, c’est une naissance sous X ! ». On m’a aussitôt repris l’enfant, c’était brutal. A ce moment précis j’ai mesuré l’étendue de la tragédie : je ne verrais plus jamais mon bébé ! Je ne le voulais pas mais je n’ai pas su m’opposer à ma famille, à cet entourage, à ces sœurs si convaincantes. Aujourd’hui encore, j’ai du mal à me défaire d’une certaine tendance à la soumission… Ma mère est encore en vie et je ne sais toujours pas lui dire ‘non’. Mais j’ai aussi ma part, mon sentiment de culpabilité. A l’effroi s’est parfois mêlé, malgré moi une sorte de soulagement. On m’avait tellement dit que l’abandon était ‘la’ solution… Mais cela n’a pas duré longtemps : c’était un mauvais ‘choix’ qui a détruit ma vie affective. Je ne pouvais vivre heureuse sans savoir où se trouvait mon enfant. »

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Pendant longtemps Anita a cherché son fils né sous X et ce dernier, adopté par une famille française, la cherchait aussi. Cela a mis 32 ans mais ils se sont retrouvés (lire l’édition papier de Paris Match Belgique).

« Cette sœur savait très bien qui était ma maman biologique mais elle s’était ‘engagée’ à ne rien dire »

C’est le genre d’histoire qui fait rêver « Claire, Sophie, Odile » : la fille de l’inconnue de 15 ans est aujourd’hui une mère d’une petite fille âgée de 5 ans. Nous l’appellerons Valérie. Cette femme nous reçoit « avec beaucoup d’espoir » dans sa maison du Brabant wallon. Bien sûr, elle a vu Philomena, le film de Stephen Frears. L’histoire vraie d’une fille-mère qui, avec l’aide d’un journaliste, parvient à retrouver la trace du fils qu’elle avait abandonné après avoir séjourné et accouché dans un couvent irlandais tenu par des religieuses qui donnaient les « enfants du pêché » en adoption à de riches familles américaines.

La sœur d’une congrégation religieuse pouvait servir de relais entre la mère biologique et des parents adoptifs sans passer par les services officiels (assistance publique) ou par une organisation privée habilitée pour faire les adoptions. 

Valérie a été adoptée deux mois et de demi après sa naissance par un couple de la bourgeoisie francophone de Gand. Elle a eu une enfance « normale » si ce n’est la permanence de ce vide existentiel, ces trop nombreuses questions sans réponse : « J’aime mes parents adoptifs mais il faut que je sache d’où je viens. Connaître l’identité de ma mère biologique devient un enjeu crucial. Cela fait déjà 20 ans que la question me travaille. Je veux savoir ce qui s’est passé pour cette jeune fille de 15 ans. Il y a toutes sortes d’histoires possibles et c’est bien cela le problème : quand on ne sait rien, on imagine trop de choses. Savoir me consoliderait dans mon existence car je n’arrive pas à me départir d’un sentiment de rejet qui me fragilise dans toutes mes relations. Bon dieu, pourquoi n’a-t-elle voulu me garder ? Pourquoi n’a-t-elle pas pu me garder » ?

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Sa mère adoptive l’accompagne dans sa recherche : « Quand elle avait 15 ans, Valérie souffrait d’anorexie. Il pouvait y avoir un lien avec la quête de ses origines qui avait commencé pendant son adolescence. Alors nous avons pris rendez-vous avec la religieuse qui avait organisé son adoption ; Sœur Geert vit à Gand, près de la cathédrale Saint Bavon. Je croyais qu’elle nous aiderait mais nous nous sommes heurtées à un mur. Elle a dit que la sœur de Lommel qui aurait pu identifier la mère biologique s’était engagée à la confidentialité et que, de toute manière, elle était trop vieille pour se souvenir. » Valérie garde un souvenir un peu différent de ce moment crucial : « Cette sœur savait très bien qui était ma maman biologique mais elle s’était ‘engagée’ à ne rien dire. Je suis partie de là en colère »!

Une expérience qui ressemble à d’autres. A Deinze, près de Gand, nous rencontrons Gerda, une autre « née sous X » d’une mère belge en France. Elle raconte : « Ma mère biologique est tombée enceinte à la suite d’un viol. En 1967, elle a séjourné Tamar et les sœurs l’ont conduite à Lille où son accouchement eut lieu au domicile d’une sage-femme, une certaine Jeanne R. A l’époque, c’était sœur Geert qui avait organisé mon adoption via une organisation dénommée « De Visserij ». Le lendemain de ma naissance, je me trouvais déjà dans les bras de ma mère adoptive en Belgique (ndlr : ce qui est illégal, le délai de réflexion accordé à la mère de naissance était de 3 mois à l’époque). Vers mes 21 ans, je me suis mise en quête de mes origines. Une assistante sociale de « De Visserij s’est renseignée auprès de sœur Geert qui lui a prétendu qu’il n’y avait aucune information concernant ma mère dans ses dossiers ». Quelques années plus tard, alors que ‘De Visserij’ avait fermé ses portes et que ses archives étaient devenues en partie accessibles, Gerda est recontactée… Son dossier comportait bel et bien des éléments d’identification permettant de retrouver sa mère.

« Sincèrement désolée de ne pouvoir répondre favorablement à vos attentes légitimes »

Extrait de la lettre reçue par Valérie en septembre 2016 ©DR

Renvoyée elle aussi à ses angoisses par la peu empathique religieuse de Gand, Valérie a frappé à la porte des autorités françaises qui, depuis 2002, ont créé le Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (Cnaop). Les renseignements reçus septembre 2016 sont décevants. Elle n’obtient pas le nom de sa mère biologique. Catherine Lenoir, une chargée de mission lui écrit (Voir image ci-dessus) : « Il ne nous est pas possible d’accéder à votre demande. (…) Les recherches que j’ai entreprises auprès des responsables de la clinique Villette où vous êtes née, se sont révélées infructueuses. Il est juste indiqué que votre mère de naissance était âgée de 15 ans. (…) Le Conseil départemental du nord ne dispose d’aucun dossier vous concernant. (…) La lecture de votre jugement d’adoption par le Tribunal de la Jeunesse de Gand ne nous donne aucun renseignement permettant d’identifier vos parents de naissance, aucune information sur les circonstances et causes de votre abandon. Vous avez fait l’objet comme cela se pratiquait parfois à l’époque d’une ‘adoption directe’. Les intermédiaires mentionnés dans le jugement d’adoption indiquent que c’est la responsable de l’œuvre d’adoption Tamar située à Lommel en Belgique qui s’est chargée de votre placement. Cette œuvre est dissoute depuis longtemps et la Cnaop n’a pas été rendue dépositaire de ses archives ».

Ces conseils de famille, c’était souvent de la vaste blague. On y retrouvait parfois des membres des œuvres d’adoption privées 

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Faut-il comprendre que les sœurs sont immédiatement reparties avec le nouveau-né après l’accouchement ? « A priori, c’est comme cela que cela fonctionnait. La sœur d’une congrégation religieuse pouvait servir de relais entre la mère biologique et des parents adoptifs sans passer par les services officiels (assistance publique) ou par une organisation privée habilitée pour faire les adoptions» nous dit Catherine Lenoir. Était-ce une manière de procéder qui était encore « légale » en 1983 ? Réponse : « Normalement non mais il y a des cas à la marge. »
Il y a pourtant des documents officiels français concernant Valérie, tel ce jugement de décembre 1983 prononcé par un tribunal de Dunkerke qui désigne Marie P., une sœur domiciliée à l’adresse du foyer Tamar de Lommel. Le juge précise que sa décision a été prise à la suite d’un « conseil de famille ».

Qui en faisait partie ? Mystère. Myriam Ganty de l’association « Retrouvons-nous » tempère l’espoir de trouver une piste de ce côté-là : « Ces conseils de famille, c’était souvent de la vaste blague. On y retrouvait parfois des membres des œuvres d’adoption privées ». Les dates du dossier administratif de Valérie interpellent : une tutrice désignée en décembre 1983 alors qu’elle vivait déjà chez ses parents adoptifs depuis juillet 1983 et ne sera officiellement adoptée qu’en juin 1984 (jugement du tribunal de la jeunesse de Gand).

Le Cnaop n’a pas été aussi utile qu’il aurait pu l’être à Valérie. C’est nous qui trouvons le fil suivant à tirer : il s’avère que les dossiers du foyer « Tamar » se trouvent archivés à Anvers dans les locaux d’une association dénommée « Adoptie Huis » ! Valérie se met en contact avec la directrice de l’association, Iris Vandenborre. L’espoir renaît. Elle trouve en effet quelques informations sur Valérie. Il y a bien un dossier ! Mais il ne contient rien qu’elle ne connaisse déjà. Montagne russe. Mme Vandenborre dit alors qu’il y a encore une carte à jouer. Contrairement à ce que croyait Valérie, sœur Geert n’est pas morte. Il paraît même qu’elle serait devenue plus avenante.

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La directrice va donc interroger la religieuse… Oui, désormais elle veut aider mais, mais, mais… Elle dit ne plus se souvenir. Les espoirs de Valérie se résument aujourd’hui à peu de choses. Une prochaine rencontre qu’elle souhaiterait avoir elle-même avec sœur Geert, des test adn proposés par des associations comme « My ancestery » ou « My heritage » dans l’espoir de raccrocher sa vie à un arbre généalogique existant.

Et puis il y a cet article qui comporte sa date et son lieu de naissance. Et si sa maman biologique venait à le lire ?

L’intégralité de cette enquête est à lire dans le dernier numéro de Paris Match Belgique disponible en librairie. Où l’on découvrira de nombreux autres témoignages. Celui d’Anita et Christophe qui se retrouvés après 32 ans, celui d’Anne-Chantal qui cherche toujours ses parents biologiques, celui de Rita qui participe combat de l’association Mater Matuda en région flamande. Et où est aussi évoqué le livre de la journaliste Patricia Fagué : « Né sous X, enquête sur un scandale français », car les naissances sous X font aussi débat dans l’hexagone.

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