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Faut-il avoir peur de la punaise diabolique ?

À l'approche de l'hiver, les punaises s'incrustent de plus en plus dans les maisons pour hiberner. | © Katja Schulz

Société

Alors qu’elle menace d’envahir les foyers et ravager les cultures, la punaise diabolique sème la panique en France et inquiète ses voisins frontaliers.

 

Avec un nom pareil, difficile d’inspirer la confiance et la sérénité. Depuis qu’elle s’est fait remarquée dans plusieurs départements de l’Hexagone, la punaise diabolique – de son petit nom latin Halyomorpha halys – effraye certains habitants, inquiets par la présence de ce gros insecte potentiellement dangereux.

Présent en France depuis 2015, l’insecte aux couleurs marbrées est beaucoup plus rare en Belgique. Mais comme le rapportent nos confrères de la Dernière Heure, les entomologistes s’attendent à en voir de plus en plus depuis qu’il a été repéré sur le territoire belge l’an dernier. Selon eux, toutes les conditions sont réunies pour voir cet indésirable se multiplier chez nous.

Petit à petit, la punaise fait son nid

À l’approche de l’hiver, les punaises – comme les araignées – s’incrustent dans les maisons pour hiberner. « Depuis la moitié du mois de septembre, nous sommes submergés d’appels et de signalements de la part d’habitants de presque tous les arrondissements de Paris et de nombreux départements en France, du nord au sud », raconte à Ouest France un chercheur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Petit à petit, sur les terrasses, les balcons et dans les jardins, la punaise diabolique fait son nid au grand dam des habitants méfiants devant la bestiole à six pattes.

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Pourtant, les spécialistes sont unanimes : la punaise diabolique se ferait pas de mal à un homme, sauf peut-être lui donner des allergies.« La punaise diabolique ne présente aucun danger ni pour l’homme ni pour les animaux de compagnie », explique à France 3 Jean-Claude Streito, chef de mission de l’Inra. Inutile de craindre les piqûres, se rassure-t-on alors. Mais si cette punaise venue d’Asie a hérité d’un surnom digne d’un film d’horreur, c’est surtout parce qu’elle est un fléau pour les agriculteurs.

Invasion inévitable

Vergers, pommiers, poiriers, pêchers et autres cultures maraîchères comme le maïs, la vigne ou le soja ; aucun n’est épargné. Partout dans le monde, la punaise diabolique ravage les cultures et détruit parfois des récoltes entières. « Le problème avec ces punaises, c’est qu’elles sont très mobiles : elles vont ponctionner un peu dans un fruit puis vont s’intéresser au fruit d’à côté. Elles s’attaquent aux raisins, aux pommes, aux poires, aux poivrons, au riz… Il peut y avoir jusqu’à 100 % de perte. En Italie, les dégâts se chiffrent en millions », explique Stéphane Claerebout, spécialiste des insectes et membre du Cercle des naturalistes de Belgique, à la DH.

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Particulièrement féconde, elle se reproduit à grande vitesse et constitue une réelle menace pour les agriculteurs et même les jardiniers amateurs. Quant à savoir comment s’en débarrasser, de nombreux spécialistes recommandent de la tuer… sans pour autant l’écraser, en raison des mauvaises odeurs qu’elle dégage et pour éviter la prolifération de ses œufs. Même si, comme le rappelle certains, « la punaise diabolique va s’installer en Europe et en l’état actuel des connaissances, on ne peut rien y faire ».

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