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Les États-Unis tentent d’annuler la reconnaissance des personnes transgenres

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En juillet 2017, des manifestants protestent à New York contre la décision de Donald Trump d'interdire le recrutement des militaires transgenres. | © Jewel SAMAD / AFP

Société

Révélée par le New York Times, une note interne de l’administration Trump envisage de ne définir le genre que par la biologie, un recul désastreux pour les droits des personnes transgenres.

L’administration Trump continue sa politique discriminatoire. Après avoir voulu interdire leur recrutement dans l’armée et d’utiliser à la principale agence de santé publique américaine le mot « transgenre », les États-Unis envisagent tout simplement de revoir la définition des personnes transgenres. D’après un article du New York Times, publié ce dimanche, une note interne préconise de définir strictement le genre comme étant lié aux organes génitaux à la naissance. Or, l’identité de genre d’une personne se réfère au genre auquel elle s’identifie, et non à la biologie. « Ce qui constitue la mesure la plus radicale jamais entreprise dans un effort gouvernemental visant à annuler la reconnaissance et la protection des personnes transgenres en vertu de la loi fédérale des droits civiques », souligne le journal new-yorkais.

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Confusion entre sexe et genre

Le ministère américain de la Santé propose ainsi d’établir une définition légale du sexe sous le « Title IX » – une loi fédérale interdisant depuis 1972 toute discrimination entre les sexes dans les programmes éducatifs financés par le gouvernement – qui rendrait immuable le sexe d’une personne à la naissance. En d’autres termes, en éliminant toute différence entre sexe et genre, le gouvernement américain ne reconnaîtrait pas le « genre » d’une personne autre que celui basé sur ses organes génitaux à la naissance. « Le sexe recouvre le statut d’un individu étant masculin ou féminin, selon des traits biologiques immuables identifiables à la naissance », écrit le ministère dans sa proposition de définition, qui circule au sein de l’administration Trump depuis le printemps dernier, selon le New York Times, ajoutant que cette définition « éradiquerait la reconnaissance fédérale » de quelque 1,4 million d’Américains transgenres. « Le sexe indiqué sur le certificat de naissance d’origine d’un individu doit constituer la preuve définitive du sexe d’une personne », ajoute le texte, qui précise que toute contestation devrait être clarifiée par un test génétique.

Le ministère américain de la Santé a également appelé d’autres agences gouvernementales ainsi que les ministères de l’éducation, de la justice et du travail à adopter une définition « fondée sur des critères biologiques clairs, fondés sur la science, objective et définie administrativement », ce qui pourrait renforcer les chances que les tribunaux acceptent cette définition, selon le quotidien new-yorkais.

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#WontBeErased

Depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2017, Donald Trump est revenu sur plusieurs mesures protégeant les personnes transgenres et la communauté LGBT plus largement, datant notamment de la présidence de Barack Obama. En février 2017, soit un mois seulement après son investiture, son administration avait mis fin à un dispositif fédéral de protection des droits étudiants transgenres qui régulait notamment l’installation de toilettes et de vestiaires non mixtes. Il s’agissait, déjà, d’une modification de l’article IX mentionné par le New York Times. Sous la présidence de Barack Obama, cet article avait été amendé pour permettre aux élèves et étudiants d’utiliser les toilettes en accord avec le genre auquel ils s’identifient, et non le sexe inscrit sur leur acte de naissance.

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La parution de cette nouvelle attaque contre les droits des personnes transgenres a provoqué la colère des associations qui appellent à une manifestation ce lundi devant la Maison Blanche. « Ne vous y trompez pas, les personnes trans font l’objet d’une attaque directe de l’administration Trump – mais nous ne serons pas effacé », a écrit le National Center for Transgender Equality sur Twitter, lançant le hashtag #WontBeErased suivi par des nombreux internautes.

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