Coton comestible, le rêve deviendrait-il réalité ?

Coton comestible, le rêve deviendrait-il réalité ?

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Le ministère de l’Agriculture américain vient de donner l'autorisation de produire du coton comestible sur son territoire. | © Unsplash / Anna Kolosyuk

Société

Rendues (enfin) comestibles par une équipe de chercheurs américains, les graines de coton pourraient bien devenir un aliment phare du futur.

 

« Demain, il sera possible de manger du coton. » Cela fait des années qu’on en parle, prônant la graine (et non pas la fibre) de cette plante tropicale comme étant une alternative à d’autre protéines végétales comme le soja.

Restées pendant des années impropres à la consommation humaine à cause du gossypol qu’elles contiennent, les graines de coton servaient toutefois à fabriquer l’huile de tournesol ainsi qu’à nourrir le bétail. Mais après avoir été manipulées par les scientifiques du monde entier, voilà qu’elle pourrait bientôt s’incruster dans nos assiettes.

Génétiquement modifié

Le 17 octobre dernier, le ministère de l’Agriculture américain a donné l’autorisation de produire du coton comestible sur son territoire, rapporte Konbini ce lundi. Grâce au travail mené par Keerti Rathore, docteur et chercheur à l’université du Texas, la petite graine a été génétiquement modifiée afin d’être débarrassée de ses toxines nocives. Dans un rapport publié dans la revue Agrilife, il explique comment avec son équipe, il est parvenu développer un coton « qui maintient des niveaux standards de gossypol dans la tige ou les feuilles de la plante – indispensable pour qu’elle puisse se protéger des parasites –, mais qui n’en contient quasiment plus dans ses graines », poursuit Konbini.

Avec ces graines comestibles, les chercheurs espèrent pouvoir nourrir des millions de personnes à travers le monde. © Pixabay / Clematis Vitalba

Houmous de coton

Si l’on s’imagine déjà mordre dans une texture duveteuse au goût plutôt fade, Keerti Rathore nous assure du contraire. « Ca goûte le houmous. Ce n’est pas déplaisant du tout », a-t-il déclaré au magazine américain Fortune, faisant part de ses grandes ambitions pour la graine qu’il espère voir nourrir des millions de personnes à travers le monde. « Un tel produit peut jouer un rôle primordial pour la durabilité. Car les agriculteurs seraient capables de produire des fibres pour le textile, de la nourriture pour les animaux et pour les hommes, tout ceci à partir d’une même culture », s’est-il enthousiasmé. « Le fait d’avoir grandi en Inde au côté d’un père médecin m’a fait rendre compte des effets de la malnutrition sur les gens », raconte-t-il. « Notre approche (…) pourrait être un nouveau moyen de répondre aux besoins nutritionnels de la population mondiale en pleine croissance. »

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Un demi-kilo de fibres de coton équivalant à environ 1,5 kilo de graines, Keerti Rathore précise que celles-ci peuvent être réduites en poudre et ajoutées à différents plats, ou grillées et assaisonnées en guise de snacks. Si le procédé semble prometteur, ses concepteurs attendent toujours l’avis de la Food and Drug Administration qui devrait donner son feu vert au coton génétiquement modifié « dans les prochains mois », note le magazine Forbes.

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