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Qui se cache derrière le macabre « Momo challenge », le jeu qui aurait poussé un ado de Bertrix au suicide ?

momo challenge

"Momo", un avatar devenu tristement phénomène. | © Capture d'écran YouTube.

Société

Selon les informations de Sudpresse, l’adolescent qui s’était pendu la semaine dernière à son domicile de Bertrix est décédé ce lundi. Le « Momo challenge » serait à l’origine de son suicide. En France, un père a porté plainte ce lundi, après la mort de son fils mi-octobre, contre YouTube, WhatsApp, un site de rencontres et l’État français. Retour sur un phénomène qui cristallise l’attention et n’en finit plus d’inquiéter.

Une enquête a été ouverte par le parquet du Luxembourg afin de déterminer si le « Momo challenge » est à l’origine du suicide de l’adolescent qui s’était pendu la semaine dernière à son domicile de Bertrix, et dont le décès a été confirmé ce lundi. Dans le coma, il était soigné dans un hôpital de la région liégeoise. Le jeu macabre, qui a déjà fait plusieurs victimes dans différents pays, pousse ses participants à commettre des actes dangereux. Tentative d’explication d’un phénomène qui a donc fait son incursion en Belgique et tue des adolescents un peu partout dans le monde.

Pas assez pris au sérieux par les autorités ?

Une créature hallucinée, sorte de poupée sortie d’un film d’horreur. Aux yeux exorbités et à la bouche en forme de banane, cette marionnette au regard terrifiant fait des ravages depuis des mois sur les réseaux sociaux de nos ados. Son nom, « Momo », se trouve associé à un « challenge » qui a causé le suicide de Kendal, adolescent de 14 ans, au sud-est de Rennes en France. Une enquête avait alors été ouverte pour éclairer les circonstances de sa mort. Il avait été retrouvé pendu avec sa ceinture de kimono, « alors qu’il avait plein de projets », comme l’indiquait sa famille à l’AFP. Toujours selon ses parents, il ne s’est pas suicidé, mais se trouvait sous l’emprise du « Momo challenge », ce macabre jeu accessible via la messagerie instantanée WhatsApp. L’adolescent se serait soumis à des défis qui avaient laissé des traces sur son corps, comme des scarifications ou des bleus. On apprend aujourd’hui que son papa, René Gattino, a porté plainte ce lundi pour « mise en danger de la vie d’autrui » contre YouTube, WhatsApp, un site de rencontres pour adolescents et contre l’État français. « J’accuse YouTube, WhatsApp et Rencontre-ados.com de ne pas protéger les jeunes », a-t-il affirmé à l’AFP. « J’estime que l’État n’a pas pris suffisamment en compte les dangers que représentent ces sites pour les jeunes. » « Quand ça vous tombe dessus, on ne comprend pas (…). On se croyait tranquille à la campagne. Mais Internet, c’est partout et on ne le sécurise pas », dénonce-t-til.

La panique chez les ados

En août dernier déjà, le député français Gabriel Attal avait alerté sur ce qu’il estime être un « phénomène véhiculé par les réseaux sociaux ». Dans une question adressée au ministre de l’Intérieur, l’élu avait évoqué le « Momo Challenge », une pratique qui, selon lui, « réalise une pression psychologique sur les plus jeunes et les met en danger en les obligeant à réaliser des défis de plus en plus dangereux ». Au micro de BFMTV, il affirmait avoir été en contact avec une famille de sa circonscription dont le fils aurait participé au jeu.


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Le défi devenu phénomène est apparu pour la première fois en Amérique du Sud sur WhatsApp. Un internaute caché derrière le macabre avatar met au défi les plus jeunes à commettre des actes de plus en plus dangereux. Momo plonge alors les plus fragiles dans la paranoïa, leur assurant qu’il sait absolument tout de leur profil. Pour les convaincre, il fouille sur les réseaux sociaux et en sort des informations personnelles sur ses proies : nom, âge, date de naissance, adresse. Et la panique s’installe.

Phénomène mondial

Le jeu devenu macabre serait à l’origine du suicide d’une jeune fille de 12 ans en Argentine, passée à l’acte après avoir reçu des menaces de ce mystérieux Momo. Puis, début août, un jeune argentin de 13 ans a été retrouvé pendu dans sa chambre à Santa Cruz. Il aurait également subi les provocations de cette même personne. Depuis, la plaisanterie ne fait plus rire personne. Momo a été signalé au Mexique, aux États-Unis, en France et en Allemagne, comme le soulignait la BBC en juillet déjà.

Ce curieux avatar provient à l’origine d’une photographie d’une sculpture créée par Link Factory, un studio japonais d’effets spéciaux, et exposée dans une galerie tokyoïte en 2016. La photo a refait surface sur Instagram puis sur les sites communautaires Reddit et 4Chan. Puis, Momo aurait gagné en popularité après la publication, le 11 juillet dernier, d’une vidéo évoquant les terrifiants contacts qu’établirait la créature avec ses victimes.

« L’histoire a commencé dans un groupe Facebook au sein duquel les membres ont été mis au défi d’établir une communication avec un numéro inconnu », explique l’unité d’enquête de la cybercriminalité de l’Etat de Tabasco, au Mexique.

Légende urbaine

Ce numéro serait attribué à un certain « Momo », qui répondrait « par des images violentes et agressives » aux internautes. Pour certains d’entre eux, les choses seraient allées plus loin : menaces ou récupérations d’informations personnelles. Aucune identité n’a, à ce jour, pu être liée à ce « Momo ».

Le « Momo Challenge » s’apparente ainsi à ce qu’on appelle une légende urbaine lugubre, trouvant son terreau sur Internet et les réseaux sociaux, comme souligné par Télérama. Certains semblent même en tirer profit. Plusieurs youtubeurs n’hésitent pas à montrer leurs échanges supposés avec Momo dans des vidéos, clamant même connaître sa véritable identité. Enfin, des numéros surtaxés surfent sur l’angoissant « phénomène » pour piéger des adolescents.

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En guise de réponse, la direction de la messagerie WhatsApp a indiqué qu’il « est facile de bloquer tout numéro de téléphone » sur l’application. « Nous encourageons aussi les utilisateurs à nous signaler les messages problématiques », a ajouté un porte-parole de la messagerie sur Fox News.

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