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Une centaine de femmes réaffirment leur droit à l’avortement à Bruxelles

La Belgique solidaire avec la Pologne. | © BELGA PHOTO/SISKA GREMMELPREZ

Société

« Mon corps, mon choix ». Une centaine de femmes, belges et polonaises, ont protesté à Bruxelles pour défendre leur droit à l’avortement, en opposition à un projet récent d’interdiction totale de l’avortement en Pologne.

En octobre 2016, le gouvernement polonais a tenté de durcir la législation sur l’interruption volontaire de grossesse dans ce pays, pourtant l’un des plus restrictifs en la matière en Europe. Des milliers de Polonaises étaient alors descendues, vêtues de noirs, dans les rues pour s’y opposer. Ce mercredi, une centaine de femmes, belges et polonaises, ont voulu défendre leur droit à l’avortement, en protestant devant la Commission européenne à Bruxelles, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.

Les manifestantes, soutenues dans leur combat par une poignée d’hommes, scandaient les slogans « We are not ovary-acting », « Solidarité féminine mondiale » et « Les Polonaises en grève ». Cette dernière formule renvoyait à l’appel à la grève internationale des femmes, lancée par de nombreuses associations féministes de par le monde. Ce mercredi 8 mars, des milliers de femmes ont en effet décidé de se mettre en grève afin de dénoncer les violences sociales, législatives, politiques, morales et verbales dont elles sont tous les jours victimes.

La mobilisation place Schuman à Bruxelles ciblait en particulier le durcissement de l’avortement, qui a récemment fait trembler la Pologne. « La législation sur l’avortement en Pologne est une des plus restrictives en Europe« , explique Ana Kiesjna, une militante polonaise pour le droit à l’IVG. « Quand le gouvernement a voulu s’en prendre à cette loi, il y a eu une mobilisation sans précédent. Cent mille femmes ont investi l’espace public et trente mille autres ont fait grève. Face à la pression populaire, le gouvernement a finalement abandonné son idée. Mais cela prouve que nos acquis sont fragiles. C’est aussi pourquoi nous avons décidé de descendre dans la rue aujourd’hui: no us vouli ons à nouveau faire entendre notre voix pour que nos droits soient garantis« .

La législation sur l’interruption volontaire de grossesse est autorisée en Pologne dans trois cas seulement : en cas de risques avérés pour la vie ou la santé de la mère, en cas de graves pathologies du fœtus et en cas de viol ou d’inceste.

La nouvelle proposition de loi, déposée par le parti conservateur Droit et Justice (PiS), visait à autoriser l’avortement seulement lorsque la vie de la maman est en danger. Celles qui auraient tout de même décidé de se faire avorter et étaient découvertes seraient alors passibles d’une peine de prison de cinq ans, contre deux ans actuellement. Ce texte a finalement été rejeté en octobre dernier.

(Avec Belga)

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