Pourquoi adore-t-on l’effet que nous procurent les films d’horreur ?

Pourquoi adore-t-on l’effet que nous procurent les films d’horreur ?

Vous le sentez, ce petit frisson qui vous chatouille les tripes alors que le film vient à peine de commencer ? | © Halloween H20. DR

Société

On tremblote, on frissonne, on grince des dents et on tire la grimace devant des scènes aussi effrayantes que dégoûtantes. Mais au fond, pourquoi éprouve-t-on du plaisir à regarder des images qui nous terrifient ?

 

S’il y a bien un soir de l’année où l’on ressent l’envie soudaine de pousser des cris d’effroi sur le canapé du salon et la bouche pleine de bonbons, c’est celui d’Halloween.

Alors que certains s’apprêtent à enfiler d’affreux costumes pour aller siroter des cocktails sanguinolents et danser jusqu’au bout de la nuit sur « Les Démons de minuit« , d’autres préfèrent rester sous la couette pour une soirée-télé placée sous le signe de l’horreur. Que ce soit avec un film culte ou en s’essayant à des nouveautés toutes aussi terrifiantes, ce qui compte c’est d’avoir la frousse. Et pas qu’un peu s’il vous plaît…

Le plaisir des chocottes

Vous le sentez, ce petit frisson qui vous chatouille les tripes alors que le film vient à peine de commencer ? Même enroulé sous une couette, muni d’un seau de sucreries et rassuré par la lampe allumée dans l’entrée, difficile de résister aux premiers signes d’anxiété. Les yeux rivés sur l’écran, le corps plus ou moins crispé, certains parviendront à anticiper les scènes les plus effrayantes en se couvrant les yeux (ou les oreilles) mais la plupart des autres sentiront leur battement cardiaque s’accélérer au rythme des gloussements et des sursauts.

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« La narration du film a pour but de laisser le spectateur toujours en alerte et d’augmenter son anxiété à chaque début d’une nouvelle scène », explique le Huffington Post qui s’est penché sur les effets provoqués par un film d’horreur sur le corps. « L’atmosphère du film aura sûrement pour conséquence d’augmenter la fréquence cardiaque du cœur et de provoquer des palpitations », leur explique le Docteur Daniel Atkinson. « Durant un moment de grand suspens, votre corps réagit en accélérant la circulation sanguine des intestins vers les organes que sont le cerveau et le cœur. » 

Représentées par des clowns maléfiques, des esprits hantés ou autres créatures monstrueuses, ces peurs imaginaires peuvent également servir de défouloir au spectateur. Image du film It (2017). ©DR

Affronter la mort pour se sentir vivant

En réagissant de façon instinctive aux scènes d’épouvante (chair de poule, transpiration, tremblements, etc.), le corps se met avant tout en état de vigilance. Et si certains détestent ce genre d’émotions – générant parfois un excès de stress voire des insomnies – d’autres en raffolent. En visionnant un film d’horreur, « des hormones comme l’endorphine et l’adrénaline sont sécrétées afin de dépasser la peur », souligne au Figaro la psychanalyste Laura Gélin. Une fois la scène terminée et le climat apaisé, « la dopamine, hormone de satisfaction très addictive, est une vraie récompense », poursuit l’experte.

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« Regarder un film d’horreur est une manière de se sentir vivant », commente de son côté Dominique Sipière, spécialiste du cinéma classique hollywoodien et professeur émérite de l’université Paris-Ouest-Nanterre. « Cela fait éprouver des sensations fortes permettant d’avoir confiance en soi (…) en se confrontant à des peurs ‘volontaires’ et ‘non réelles' », ajoute-t-elle. Représentées par des clowns maléfiques, des esprits hantés ou autres créatures monstrueuses, ces peurs imaginaires peuvent également servir de défouloir au spectateur qui se décharge de certaines émotions (stress, colère, etc.). Dès lors, regarder un film d’horreur avant d’aller se coucher pourrait même permettre (à certains…) de dormir sur leurs deux oreilles.

 

 

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