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En Corée du Nord, la violence sexuelle fait partie du quotidien

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Cliché pris dans une usine de textile à Pyongyang, le 7 septembre 2018. | © MAXPPP .

Société

Un nouveau rapport alarmant de Human Rights Watch fait état de violences sexuelles à répétition, de harcèlement verbal et de traitements humiliants envers les femmes en Corée du Nord, et ce quotidiennement.

La violence sexuelle est devenue si courante en Corée du Nord qu’elle en vient à être acceptée comme faisant partie de la vie ordinaire, déplore l’ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié ce mercredi.

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« La violence sexuelle en Corée du Nord est un secret de Polichinelle, que tout le monde tolère et que personne n’ose aborder pour y mettre fin », estime Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Les femmes nord-coréennes diraient sans doute ‘MeToo’ si elles pensaient qu’il y avait le moindre espoir qu’on leur fasse justice, mais leurs voix sont étouffées par la dictature de Kim Jong Un », poursuit t-il.

Les agents de l’État, dont des hauts fonctionnaires, des gardes de prisons, des policiers et des soldats commettent des abus sexuels sans se soucier des conséquences, a établi l’ONG. Les victimes ne peuvent compter sur aucune protection ni service. Et si des plaintes sont déposées, elles ne donnent pas lieu à une enquête et les agresseurs ne sont pas poursuivis.

Des témoignages glaçants

Les femmes abusées craignent de dénoncer ces violences par peur de déchéance sociale et représailles. Le rapport se base sur des témoignages de 54 Nord-Coréens qui ont fui le pays depuis 2001 et huit anciens hauts fonctionnaires de la dictature.


Huit anciennes détenues ou prisonnières ont rapporté un mélange de violence sexuelle, de harcèlement verbal et de traitements humiliants en prison, et 21 commerçantes ont déclaré qu’elles subissaient des violences sexuelles et des avances sexuelles non désirées de la part des policiers ou d’autres responsables lorsqu’elles voyageaient pour leur travail.

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Human Rights Watch appelle le gouvernement nord-coréen à reconnaître le problème de la violence sexuelle, et garantir que les autorités traitent les violences sexuelles comme un crime, fournir des services de soutien aux survivantes et mettre en place des programmes de santé reproductrice et d’éducation sexuelle.

Avec Belga

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