Paris Match Belgique

Pourquoi les bonbons d’Halloween nous font-ils complètement craquer ?

Selon les experts, il n'y aurait pas que le sucre pour justifier la tentation de se jeter sur les bonbons pendant la période d'Halloween. | © Unsplash / Ksenia Makagonova

Société

Même ceux qui ne mangent jamais de sucreries ont du mal à résister à la tentation d’Halloween.

 

Les bonbons à Halloween, c’est un peu comme les cougnous à Noël ou les chocolats à Pâques. On s’en met plein la panse pendant quelques jours, histoire d’être rassasié pour le reste de l’année. Mais si l’on peut facilement être écœurés par une razzia de pralines ou de brioche beurrée, voilà qu’on ne sait plus s’arrêter dès qu’il s’agit de dragées acidulées et autres gélatines colorées.

Alors que les citrouilles et les chapeaux de sorcières s’apprêtent à regagner le placard, les bonbons traînent encore entre les coussins du canapé et au fond des poches. Ceux qui s’en sont gavés la veille d’Halloween savent bien ce que c’est : cette sensation addictive qui vous colle aux dents et au palais et qui vous procure autant de frissons que le film d’horreur choisi pour l’occasion. Certes, le sucre nous rend accro et c’est loin d’être nouveau. Mais il ne serait pas le seul responsable de cette passion incontrôlable pour les bonbons.

Des ingrédients irrésistibles

Comme l’explique au Time Rachele Pojednic, professeure en nutrition à l’université de Simmons à Boston, il n’y a pas que le sucre qui justifie la tentation de se jeter sur les bonbons pendant la période d’Halloween. Pour elle, c’est l’addition du sucre, du gras et du sel – que contiennent la plupart des bonbons – qui « redynamise le comportement alimentaire hédonique », qui consiste à manger pour le plaisir plutôt que pour combler un besoin physique.

Lire aussi > Le goût amer des bonbons Haribo, entre souffrance animale et esclavagisme moderne

Comme l’ont démontré plusieurs études, les aliments sucrés, salés ou gras activent des zones cérébrales associées au plaisir et à la récompense, déclenchant un processus qui diminue voir annule le sentiment de faim et de satiété. En général, quand les gens mangent trop, c’est davantage par gourmandise que par réel appétit. Car, souligne le magazine américain, « les spécialistes de l’alimentation et les entreprises agroalimentaires ont bien compris que le sucre, le sel et le gras deviennent irrésistibles lorsqu’ils se rencontrent ».

Pixabay / skyradar

Un goût de nostalgie

En plus d’être une affaire de biologie, l’addiction pour les friandises récoltées lors de la fête de morts semblerait surtout être associée au sentiment de nostalgie, ajoute Rachele Pojednic. Comme la madeleine de Proust le faisait avec monsieur Marcel, les bonbons d’Halloween nous rappellent des souvenirs positifs de l’époque où l’on faisait encore la course au trick or treats. « Nous avons tous vécu des expériences avec certains aliments, comme les bonbons, qui nous rappelle un super souvenir associé à une sensation de plaisir », développe l’experte. « Ce n’est pas seulement le plaisir du parfum ou du goût, mais c’est aussi la situation qui va avec. »

Lire aussi > Pourquoi devrait-on marcher (au moins) 10 minutes après les repas ?

Si l’on en croit la spécialiste, s’empiffrer de sucreries le soir d’Halloween (et même le lendemain) permettrait ainsi de retrouver son âme d’enfant et de revivre « gustativement » les excès d’une fête qu’on adorait célébrer. Que se résignent les orthorexiques qui ont craqué sur le paquet de boules, « vous ne pourrez jamais supprimer ce sentiment de nostalgie ». Et c’est tant mieux, conclut Rachele Pojednic, car « il est des moments dans la vie où se faire plaisir de la sorte est une idée géniale et amusante ». Le tout étant de savoir pourquoi on le fait et (bien sûr) de ne pas non plus en abuser.

 

CIM Internet