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Au Venezuela, des mères condamnées à abandonner leurs enfants

Venezuela

Des gens sont à la recherche de nourriture à la poubelle dans une rue déserte de Caracas le 23 octobre 2018. | © RONALDO SCHEMIDT / AFP

Société

Par manque de moyens, les mères vénézuéliennes sont obligées d’abandonner leurs enfants, quand ils ne prennent pas eux-mêmes la décision de quitter le foyer.

 

Un reportage diffusé par la BBC a montre des mères vénézuéliennes épuisées, des enfants dans les rues affamés. Le marasme économique a un impact très fort sur le quotidien des plus jeunes, souvent exploités et violentés par leurs propres parents pour avoir mangé une portion qui ne leur était pas réservée. Et certaines mères sont mêmes condamnées à commettre l’impensable : abandonner leurs enfants, ce qu’elles considèrent comme la seule possibilité de leur offrir un avenir meilleur.

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Enfants à la rue

Crise Venezuela
© Capture d’écran BBC

Les familles vénézuéliennes, souvent nombreuses, n’ont simplement plus les moyens de subvenir aux besoins de leurs enfants. Et ne voulant pas les condamner leurs nouveaux nés, elles se retrouvent alors obligées de les donner à l’adoption. Certaines mères, raconte le média britannique, sont même forcées de donner leurs bébés à d’autres familles. « J’ai dit à mes enfants que je ne voulais pas les donner. Mais je ne pouvais plus subvenir à leurs besoins. Mais j’espère un jour, les récupérer », raconte en pleurs l’une des mères interrogées. Une autre, obligée de placer son dernier, raconte qu’en comettant cet abandon, elle pensait qu’elle pourrait « nourrir ses autres enfants tout en donnant au bébé un meilleur futur ».

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Dans d’autres cas, la décision de quitter le nid familial est prise par les enfants.  « Dans ma maison, il y avait à manger mais jamais assez. Nous étions trop » explique l’un des enfants interrogés par la BBC. « Un jour, je veux étudier. Et j’aiderai ceux qui sont à la rue comme nous à s’en sortir », raconte un autreDepuis 2016, il y a une augmentation de 40 à 50 % du nombre d’enfants à la rue. Pour le premier semestre 2018, les chiffres montent jusqu’à 60%. Une situation dramatique. 

 

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