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Amal Clooney à l’ONU : « Si on ne change pas son cours, l’histoire nous jugera »

Bien davantage que la femme de George Clooney, Amal Alamuddin est une avocate réputée, qui a notamment représenté Julian Assange. | © Rampelotto/EuropaNewswire

Société

L’avocate et militante des droits de l’homme Amal Clooney a appelé jeudi l’Irak à accepter une enquête de l’ONU sur les atrocités commises par le groupe terroriste Etat islamique (EI) dans le pays et à amener les responsables devant la justice.

Amal Alamuddin – son nom de jeune fille -, qui représente les femmes yézidies ayant réussi à s’échapper des griffes du groupe EI, s’est adressée aux États membres des Nations unies pour la deuxième fois en six mois. Elle a de nouveau appelé à poursuivre les djihadistes : « Comment se fait-il que rien n’ait été fait ? », s’est-elle indignée devant l’assemblée. « Il y a des fosses communes non protégées, des témoins qui s’enfuient et aucun militant de l’EI n’a subi de procès pour les crimes internationaux, nulle part dans le monde ».

Ne laissez pas l’EI s’en tirer avec un génocide.

L’avocate libano-britannique de 39 ans a dit qu’un projet de résolution britannique pour lancer une enquête était prêt à être soumis au Conseil de sécurité, mais que l’Irak devait encore approuver la mesure. Mme Clooney a appelé le Premier ministre irakien Haider al-Abadi à « envoyer une lettre au Conseil de sécurité pour demander une enquête sur les crimes commis par le groupe EI ». « Ne laissez pas l’EI s’en tirer avec un génocide », a-t-elle exhorté.

« Ce qui est choquant ici, ce n’est pas seulement la brutalité de l’État islamique, mais combien de temps ce qu’on en sait peut nous laisser passifs. Si on ne change pas son cours, l’histoire nous jugera et il n’y aura pas d’excuse pour notre manquement à agir », a-t-elle encore déclaré, dans un discours lourd de reproches. « Nous ne pouvons pas dire que les crimes de l’EI n’étaient pas assez graves. Nous ne pouvons pas dire que les intérêts des états puissants étaient en jeu ou que ces crimes sont difficiles à prouver ».

L’ambassadeur irakien auprès de l’ONU Mohamed Alhakim a promis que son gouvernement voulait également obtenir justice et que les tribunaux irakiens avaient déjà reçu 500 dossiers sur des crimes commis par des militants de l’organisation « État islamique ». Les forces irakiennes sont en train de reprendre Mossoul, la deuxième ville du pays, et M. Alhakim a souligné que l’étape suivante serait d’obtenir « une vraie réconciliation » entre les différents groupes ethniques et religieux. « Nous avons besoin que ces communautés soient en paix les unes avec les autres », a-t-il souligné.

Le gouvernement irakien a lancé en octobre son offensive pour reprendre Mossoul, qui était tombé dans les mains de l’EI alors que les habitants sunnites acceptaient mal d’être dominés par des forces de sécurité à dominante chiite.

Avec Belga

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