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Michel Fourniret impute la responsabilité de tous ses crimes à sa première femme

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Michel Fourniret, à gauche, aux côtés de son ex-femme, Monique Olivier. | © Benoit PEYRUCQ / AFP

Société

« Elle a eu des vies avant. Irréversible, le résultat ». À son procès, Michel Fourniret a de nouveau expliqué mardi son parcours criminel par le traumatisme causé chez lui par le fait que sa première femme n’était pas vierge lorsqu’il l’a épousée.

Le procès du tueur en série Michel Fourniret, accusé d’avoir assassiné une femme pour s’emparer du trésor du « gang des Postiches » s’est ouvert mardi devant la cour d’assises des Yvelines. Comparaissant aux côtés de son ex-femme Monique Olivier, de son troisième mariage, l' »ogre des Ardennes » est accusé d’avoir fait disparaître en 1988 Farida Hammiche, la femme d’un ex-codétenu, dont le corps n’a jamais été retrouvé, pour pouvoir s’emparer de l’or amassé par le célèbre gang de braqueurs des années 1980.

« Chasser au moins deux vierges par an »

Interrogé sur sa première relation amoureuse par Didier Seban, avocat notamment de Jean-Pierre Hellegouarch, le veuf de Farida Hammiche, Michel Fourniret a répété les explications données lors des enquêtes. Selon ses aveux de l’époque, il « devait chasser au moins deux vierges par an », une obsession née du fait que sa première femme, qu’il pensait vierge, ne l’était pas au moment de leur mariage. « Si je n’avais pas épousé une femme qui manquait un peu d’inexpérience, ça ne serait pas arrivé », a-t-il froidement répété mardi, avant de poursuivre à la troisième personne.

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« Mettez-vous dans la peau d’un gamin puis d’un adolescent qui fait l’armée, ne sort pas en permission, lit, écrit beaucoup, et qui arrive au mariage pas peu fier de se marier puceau », a-t-il asséné, bras croisés, fixant l’avocat dans les yeux. « Ce type-là, ce connard, épouse puceau une dame de 7 ans, 3 mois et 18 jours son aînée, mais qui manquait pas trop d’inexpérience », s’est-il emporté. Cette réalité, « c’est comme un obus explosif dans votre tête. Pigé, mec ? », a-t-il lancé à Me Seban, élevant subitement la voix. « Je pige », lui a tranquillement rétorqué l’avocat.

Condamné en 2008 à perpétuité pour le meurtre de sept jeunes filles ou femmes, Fourniret a qualifié cette condamnation de « pas totalement infondée ». Concernant sa santé, il a indiqué que « physiquement ça va, moralement, ça peut aller ». « Il est exact que je ne suis pas handicapé par une grande maladie », a-t-il ajouté. Il a toutefois régulièrement évoqué ses problèmes d’audition et une mémoire en partie défaillante au cours de cette première matinée d’audience.

Avec Belga

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