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Après avoir empêché une fusillade, un agent de sécurité noir est tué par la police

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Un manifestant tient un drapeau américain sur lequel sont notés plusieurs noms de personnes abattues par la police aux États-Unis. | © JOSHUA LOTT / AFP

Société

À Chicago, un policier a tiré sur un agent de sécurité afro-américain, alors qu’il venait d’immobiliser l’auteur d’une fusillade dans un bar.

Face aux fusillades quotidiennes aux États-Unis, les fervents défenseurs du deuxième amendement de la Constitution ont la solution : placer des agents de sécurité armés un peu partout, parfois même armer les professeurs eux-mêmes. Selon eux, seules des personnes armées bien intentionnées (les « good guys with a gun ») peuvent lutter contre les personnes armées mal-intentionnées, les « bad guys ». Une théorie appuyée par la puissante NRA qui a fait ses preuves le 11 novembre dernier dans un bar de Robbins, situé en proche banlieue de Chicago, explique Slate.

Présent sur les lieux, l’agent de sécurité afro-américain Jemel Roberson présent sur les lieux a réussi à immobiliser l’auteur d’une fusillade qui avait fait quatre blessés. À leur arrivée, les forces de l’ordre n’ont pas pu différencier un « good guy » armé d' »un bad guy » puisqu’ils ont abattu l’homme de 26 ans au comportement héroïque. Interrogée par la presse locale, citée par le Washington Post, un témoin de la scène raconte que « tout le monde criait, ‘c’était un agent de sécurité’. Ils ont en fait vu un homme noir avec une arme à feu et l’ont tué ». Selon un autre témoin, les autres officiers de police connaissaient Jemel Roberson et avaient crié : « Il est des nôtres ! ».

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Plainte déposée contre la police

Cet incident souligne que « les hommes noirs, même quand ils portent une arme en toute légalité ou exercent un emploi qui leur permet de les utiliser, peuvent devenir des cibles des tirs de la police », selon le Washington Post. En 2016 déjà, un autre incident dans le Minnesota avait fait les gros titres après la mort de Philando Castile, tué par la police lors d’un contrôle routier, quelques secondes après avoir averti l’officier qu’il avait une arme légale.

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Si tous les détails de l’incident ne sont pas encore connus, on sait que la police ouvert une enquête et la mère de jeune agent a porté plainte contre la police. Jemel Roberson, qui voulait lui-même devenir un officier, fait partie des 840 personnes au moins touchées ou tuées par balles par la police jusqu’à présent en 2018, selon les données du journal américain.

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