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Le Monopoly pour les millennials est loin de faire l’unanimité

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L'offrir comme cadeau de Noël ou de Saint-Nicolas est une mauvaise idée. | © Pexels

Société

Si le célèbre jeu de société tente de se renouveler pour séduire les jeunes générations, c’est raté. En sortant un « Monopoly for Millennials », Hasbro s’est mis la génération Y à dos. 

« Oubliez l’immobilier, vous n’avez de toute façon pas les moyens ». Réservée à la génération de jeunes adultes que l’on aime rassembler (parfois abusivement) sous le nom de « Millennials », la nouvelle version du Monopoly change les règles du célèbre jeu de société, sorti en 1935. Ici, les participants n’achètent plus des propriétés, mais ils sont invités à accumuler le plus d' »expériences » possibles pour remporter la partie. Comment ? C’est simple (et très cliché). Il suffit de voyager, de manger dans un restaurant vegan, de prendre des cours de yoga, d’aller dans des friperies, de manger des toasts à l’avocat ou encore de dormir sur le canapé d’un ami.

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Les stérotypes ne s’arrêtent pas là. Mister Monopoly, la mascotte du jeu, a toujours sa moustache blanche et son chapeau haut-de-forme, mais il a des écouteurs vissés dans les oreilles, porte des lunettes de soleil, tient un café à emporter dans la main et présente une médaille de participation sur sa veste. Les pions ont également changé, devenant ainsi un emoji, un hashtag, un smartphone, un vélo, un appareil photo ou encore des lunettes de soleil. « Les toasts à l’avocat sont nos ‘pref’, les Ray-Bans sont ‘au top’ et les appareils photos parce que ‘prends une photo ou ce n’est jamais arrivé’. La lutte est réelle pour les Millennials. Nous avons donc choisi des objets auxquels ils pourraient, à notre avis, s’identifier, mais qui pourrait faire ‘mdr’ les fans de tout âge », a déclaré Hasbro à CNN. Une réponse à la hauteur du mauvais goût de cette nouvelle édition ?

Si l’entreprise affirme que le jeu doit être pris avec humour et légèreté, de nombreux internautes ont partagé leur étonnement et colère sur les réseaux sociaux. « L’édition Monopoly for Millennials est en quelque sort à la fois relatable et condescendante », écrit Kevin D. Bell sur Twitter. « Alors, Hasbro essaie de ramener les baby-boomers aux jeux de société avec des stéréotypes exagérés sur les Millennials ? Je suppose que j’ai finalement trouvé un Monopoly que je n’achèterai pas. En plus, j’ai pris un deuxième emploi pour rembourser ce prêt étudiant – pas de temps ni d’argent pour de nouveaux jeux », ironise une autre internaute.

« Prochainement, Monopoly for Baby Boomers : où vous achetez une propriété à un prix inférieur à sa valeur, seules les personnes de couleur vont en prison, et lorsque vous passez « Go », vous pouvez vous plaindre des Millennials ».

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Sur Facebook, James Knowlton a probablement présenté la critique la plus constructive. Pour le jeune homme de 28 ans, ce jeu est une insulte. « Cette nouvelle version donne l’impression que les créateurs nous pointent du doigt et rigolent », a-t-il écrit sur son profil, ajoutant que le Monopoly d’origine a été créé pour enseigner aux classes moyennes et inférieures que, « dans le capitalisme, il y a toujours un gagnant, que la plupart des choses sont laissées à la chance et que la banque triche toujours ». « Ce n’est jamais bon de frapper quelqu’un qui est déjà au sol », déclare-t-il à CNN. « C’est l’une des plus grandes entreprises de jeux et de jouets au monde qui déclare que le droit de propriété est impossible pour la plupart des gens de mon âge en un slogan raillant. C’est condescendant », lance-t-il avant d’ajouter : « Je pense que quelque chose comme cela aurait été mieux reçu de la part d’un éditeur indépendant qui se moquait de Monopoly lui-même, mais il s’agit du riche oncle Pennybags qui possède tout et vous tire la langue ». 

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