Soudan du Sud : Une mineure vendue aux enchères sur Facebook

Soudan du Sud : Une mineure vendue aux enchères sur Facebook

Soudan du Sud

Image d'illustration. 2011, des femmes du Sud-Soudan brandissent un drapeau du Sud-Soudan dans l'attente de voter pour le référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan dans un bureau de vote à Juba. | © EPA/MOHAMED MESSARA

Société

Lorsque Facebook a désactivé le post, la jeune fille était déjà mariée. Encore une fois, le géant du web est sous le feu des critiques. 

 

500 vaches, trois voitures et 10 000 dollars : voici la valeur d’une jeune fille vendue aux enchères sur Facebook, au Soudan du Sud. Parmi les cinq acheteurs qui se disputaient la « marchandise » âgée de 16 ans selon CNN  se trouvaient des officiels hauts-placés du gouvernement. La plateforme et banni la publication deux semaines après que le marché morbide ait été conclu. « Qu’une fille puisse être vendue au mariage sur le plus grand réseau social au monde aujourd’hui dépasse l’entendement, s’est indigné George Otim, directeur de Plan International pour le Soudan du Sud. Cette utilisation barbare de la technologie est réminiscente des marchés aux esclaves d’un autre temps ». 

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Mariage forcé

« Toute forme de traite des êtres humains – qu’il s’agisse de publications, de pages, d’annonces ou de groupes n’est pas autorisée sur Facebook. Nous avons supprimé le message et désactivé de manière permanente le compte appartenant à la personne qui l’a posté sur Facebook », a partagé l’entreprise dans un communiqué. Une preuve de bonne intention arrivée 15 jours après la publication de l’offre et donc bien trop tard, malgré les 30 000 employés travaillant à la sécurité : la jeune fille avait déjà été mariée.

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Plan international a demandé au gouvernement sud-soudanais à ce qu’une enquête soit réalisée sur les officiels qui avaient soumis des offres. Selon l’Unicef, 52% des filles du Soudan du Sud sont mariées avant l’âge de 18 ans, même si cette pratique est techniquement illégale dans le pays. Les militants pour les droits de l’enfant craignent également que la dot obtenue – une des plus chères jamais payée dans la région – n’encourage d’autres familles à recourir au même procédé.

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