Paris Match Belgique

Chine : 10 ans de prison pour une séquence érotique gay

Censor

L'interdiction est basée sur une législation de 1998. | © Fredrick Kearney Jr

Société

Tianyi (pseudo) a été condamnée pour avoir vendu 7 000 copies d’un livre contenant une scène « obscène ». 

 

« Un mépris flagrant pour les droits humains fondamentaux », se sont indignés les défenseurs de la liberté d’expression. Cette fois, c’est l’autrice d’un roman racontant une histoire d’amour interdite entre un professeur et son élève qui a payé le prix fort des limites de la démocratie au sein de l’Empire du milieu. L’année passée, le livre Gozan – que l’on pourrait traduire par Occupé – a fait un tabac. Vendu en plus de 7 000 exemplaires, sa popularité a attiré l’attention des autorités qui ont condamné l’autrice du livre pour avoir décrit une scène sexuelle « obscène » entre deux hommes, ainsi que des actes sexuels pervers comme des abus et viols.

Lire aussi > En Chine, la répression d’une communauté musulmane suscite l’indignation

Selon une loi de 1998

D’après le South China Morning Post, l’interdiction est basée sur une législation de 1998. Celle-ci stipule que « si un auteur vend plus de 5 000 exemplaires d’un livre pornographique ou gagne plus de 10 000 yuans (1 260 euros) à partir de celui-ci, il s’agit d’une « circonstance particulièrement grave » qui entraîne une peine d’emprisonnement d’au moins dix ans ». L’autrice a fait appel au jugement, son avocat Deng Xueping argumentant contre l’ancienneté de la norme, clamant que « la loi devrait évoluer avec le temps ». 

Lire aussi > Pourquoi la Chine veut interdire la diffusion de contenus religieux en ligne

En Chine, l’homosexualité a été dépénalisée en 1997. Mais d’après un rapport des Nations unies, à peine 5% des personnes LGBT+ affichent publiquement leur orientation sexuelle. D’après The Guardian, le réseau social chinois Weibo avait été vivement critiqué pour avoir clamé qu’il bannirait tout contenu « à tendance pornographiques, faisant l’adage de la violence ou lié à l’homosexualité ». Un climat qui n’était pas pour servir à Tianyi dans l’affaire. Aujourd’hui, les défenseurs de la liberté d’expression se sont dit « très inquiets » et promettent de suivre le cas de près.

CIM Internet