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Depuis un mois, une église néerlandaise assure un service ininterrompu pour protéger une famille arménienne

Protes

Image d'illustration. | © Stephen Radford / Unsplash

Société

Une loi interdit à l’État d’intervenir dans un lieu de culte pendant les offices. 

 

Après neuf ans passés sur le territoire néerlandais, la famille arménienne Tamrazyan est menacée d’expulsion. Arrivé dans le pays suite à des menaces de mort, le père de famille, un militant politique, avait attendu plus de sept ans avant qu’un juge ne lui accorde l’asile. Mais le soulagement fut de courte durée : le gouvernement y a rapidement fait appel. Après une tentative infructueuse d’obtenir un permis de séjour via le programme « Children’s pardon » – à travers lequel les familles ayant passé plus de cinq ans sur le territoire peuvent (parfois) y avoir droit – la famille Tamrazyan a trouvé protection dans une église protestante de La Haye qui a mis en place une solution pour le moins ingénieuse.

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Principe d’hospitalité

« Aux Pays-Bas, une loi interdit à l’État d’intervenir dans un lieu de culte lorsqu’un culte est en cours. Alors nous avons décidé d’officier en continu, jour et nuit, a expliqué au Huffpost Derk Stegeman. Les pasteurs se relaient nuit et jour pour les offices ». Pour ce dernier et le reste de la communauté de l’Église de Bethel, la protection de la famille arménienne était une évidence, notamment en vertu des valeurs d’hospitalité de l’Église. Et l’initiative, démarrée localement, a rapidement grandi au delà du centre administratif néerlandais : « L’Église nationale a eu vent de l’histoire et a décidé de nous soutenir. Désormais il y a plus de 400 pasteurs venus de tous les pays qui viennent nous aider pour cet office continu ».

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Un tel stratagème peut-il durer indéfiniment ? Le prêtre a confié au Huffpost que l’asile religieux est dur à vivre pour la famille, séjournant depuis plus de trente jours dans une petite maison au sein de l’édifice. « On espère qu’une solution va être trouvée pour qu’ils ne soient pas expulsés, mais nous n’avons pas prévu de date limite à cet asile religieux. Nous avons choisi cette solution pour les accueillir mais aussi pour créer la possibilité d’avoir une discussion sincère avec les autorités nationales afin de trouver une solution humaine pour les enfants réfugiés victimes de la législation ».

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