Un scientifique chinois annonce la naissance des premiers bébés génétiquement modifiés

Un scientifique chinois annonce la naissance des premiers bébés génétiquement modifiés

Jumelles

Image d'illustration. | © Lima Pimentel / Unsplash

Société

Des voix de la communauté scientifique se sont élevées contre une « expérimentation humaine inconsciente ». 

 

Ce matin, les scientifiques du monde entier ont reçu un faire-part de naissance inédit. À la veille d’une conférence sur la génétique à Hong Kong, le généticien Hé Jiang, un scientifique de l’Université de Shenzhen, a annoncé sur Youtube la naissance de Lulu et Nana (noms d’emprunt), les premières jumelles génétiquement modifiées. Une première mondiale qui soulève énormément de questions éthiques.

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Expérimentation humaine

Jiang a affirmé avoir, lors d’une fécondation in vitro, introduit grâce à la technique des « ciseaux génétiques » dans les embryons une protéine de synthèse, une sorte de programme qui a modifié l’ADN des embryons bébés pour les rendre résistants au virus du SIDA, alors que leur père est séropositif. Une « révolution scientifique » – selon les termes du Washington Post – qui n’aurait pas été possible partout. En effet, si la technologie est connue depuis longtemps, elle a été interdite pour des questions techniques et éthiques dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis. La manœuvre est en effet généralement considérée comme dangereuse : les gènes altérés pourraient être transmis de générations en générations, et la modification du programme génétique risque d’endommager d’autres gènes.

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Peu après l’annonce, des voix de la communauté scientifique ont condamné une « expérimentation humaine inconsciente » à visée médiatique. Ce dont s’est défendu le généticien chinois, affirmant avoir uniquement voulu transmettre un gène déjà détenu par certains – la résistance au HIV a été observée chez certains humains d’origine européenne – sans autre but que celui de « montrer l’exemple« , en laissant à la société la liberté de donner la suite qu’elle veut à l’expérience. L’expérience n’a cependant été pas été publiée dans une revue scientifique (où elle aurait été vérifiée par des experts). La technologie est alors, en ce moment, analysée par les autorités génétiques mondiales.

 

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