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Cirque avec animaux : des associations veulent l’interdire, les professionnels ripostent

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Ils veulent "défendre la profession" en revendiquant "leur amour des animaux". | © EPA/BORIS ROESSLER

Société

Les défenseurs des animaux repartent au combat pour interdire les cirques avec animaux en ville. Ils ont adressé ce week-end à tous les maires de France un rapport « explosif » sur les maltraitances infligées aux animaux de cirque, les professionnels ripostent en créant un collectif européen pour le maintien de cette activité ancestrale.

D’après un article Paris Match France par La Rédaction avec AFP

Les défenseurs des animaux repartent au combat pour interdire les cirques avec animaux en ville. Ils ont adressé ce week-end à tous les maires de France un rapport « explosif » sur les maltraitances infligées aux animaux de cirque, les professionnels ripostent en créant un collectif européen pour le maintien de cette activité ancestrale. Parmi les 35 317 destinataires de ce rapport, plus de 105 municipalités ont déjà pris la décision d’interdire l’accueil des cirques avec animaux, comme Ajaccio, Grenoble, Montpellier, Nevers ou Strasbourg.

« En juin 2018, la Fédération des vétérinaires d’Europe, représentant plus de 200 000 professionnels de la santé, a recommandé à toutes les autorités compétentes européennes et nationales d’interdire l’utilisation des mammifères sauvages dans les cirques itinérants dans toute l’Europe, compte tenu de l’impossibilité absolue de répondre de façon adéquate à leurs besoins physiologiques, mentaux et sociaux », ont argumenté l’association Code Animal et la Fondation 30 millions d’amis dans leur courrier dont l’AFP a eu copie. Depuis quelques années, le sujet de l’exploitation des animaux dans les cirques fait débat. Les défenseurs des animaux dénonçant un mal-être des bêtes tandis que les gens du cirque considèrent que les animaux, domestiques ou non, peuvent faire partie intégrante des activités de spectacle vivant. Franck Schrafstetter, président de l’association Code animal, veut avec ce rapport de 130 pages, expliquer aux maires « les problématiques des espèces en captivité » fort du constat des spécialistes animaliers ». « Les éthologues qui étudient le comportement de l’animal dans son milieu naturel, parlent de souffrances chroniques. Ils disent par exemple que les éléphants ont tous des problèmes d’arthrose et de stress quand ils ne vivent pas en groupe social », explique-t-il.

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Avec un vingtaine d’organisations, ils proposent des solutions « pour sortir progressivement du modèle animal en tenant compte du côté humain », comme la stérilisation.

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Christoph Schmidt/dpa/Belgaworld

« En un mois et demi on a récupéré trois lionceaux dans les banlieues parisiennes et à Paris. Les seuls endroits où ils naissent, c’est dans les cirques et les zoos », s’indigne Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 millions d’amis. Elle « attend que le gouvernement légifère et prenne des dispositions pour interdire partiellement ou totalement la présence des animaux sauvages dans les cirques ».

« Préservation des espèces »

Et pour préparer « cette transition inéluctable », elle suggère « d’interdire la reproduction des animaux sauvages mais aussi d’accompagner les gens du cirque pour qu’ils puissent créer des spectacles sans animaux. On va devoir se préparer à accueillir les quelque 2000 animaux sauvages dans les cirques », dit-elle. Interrogé devant les éléphants du cirque Arlette Gruss, Georges Kobann, son ex-mari, a annoncé à l’AFP la création d’un collectif européen « Animaux de spectacle » pour « défendre la profession » en revendiquant « leur amour des animaux ».

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« Nous aimons nos animaux, nous avons des parcs où ils sont en semi-liberté pendant les périodes de repos car notre métier est saisonnier et pour leur retraite. On ne les euthanasie pas », a réagi Georges Kobann. William Kerwich, délégué général du collectif des cirques, déplore « les problèmes d’accueil des villes anticirques » estimant que « leurs animaux ont un rôle de préservation des espèces. Ils sont tous nés en captivité, issus de programme de reproduction avec les zoos ».

Quant à Frédéric Edelstein, dompteur de fauves, il s’est dit « scandalisé que l’on tape sur son métier ». « Si les animaux avaient un mal-être au cirque, j’arrêterai mon métier », affirme-t-il. Il est actuellement exclu de son propre cirque Pinder, celui de son père, qui aujourd’hui présente un spectacle sans animaux.

« Pour moi, il est impossible de faire un spectacle de cirque sans les animaux. Je vais bientôt repartir dans un gros cirque avec mes fauves ! », espère-t-il.

Une quarantaine de pays dans le monde, dont 28 en Europe, ont proscrit partiellement ou totalement les cirques avec ménagerie. En France, les lions et les tigres (plusieurs centaines), les macaques et les babouins (une centaine) , les éléphants (entre 30 et 40) et les zèbres (plusieurs dizaines) sont les plus représentés dans une centaine de cirque.

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