Paris Match Belgique

Dix ans plus tard, les personnes transgenres toujours autant discriminées en Belgique

transgenre belgique

Image d'illustration. | © BELGA PHOTO JONAS ROOSENS

Société

En Belgique, les discriminations au quotidien envers les personnes transgenres restent toujours aussi importantes.

Dix ans après une première étude, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) et le Point d’information transgenre (UZ-Gent) publient mardi les résultats de leur seconde, intitulée « Être une personne transgenre en Belgique, dix ans plus tard ». Premier constat : les discriminations au quotidien restent toujours aussi importantes.

En 2007, près de la moitié des répondants (49,6%) indiquaient vivre toujours ou presque suivant leur identité de genre. Dix ans plus tard, ils sont 70%. Les répondants qui ne vivent jamais selon leur identité de genre pointent comme obstacles principaux la famille (72,2%), les réactions (66,7%) et le travail (50%), soit exactement les mêmes qu’en 2007. Constat positif : l’âge du coming out a fortement baissé, passant d’environ 30 ans pour les générations précédentes à 17,5 ans.

Des difficultés dans l’enseignement comme au travail

Les résultats concernant leur bien-être restent par contre interpellants. En témoigne le nombre de répondants indiquant avoir déjà eu des pensées suicidaires (62,3% en 2007, contre 77,1% l’an dernier). Lors de la précédente étude, 38,6% avaient déjà fait au moins une tentative. En 2017, il étaient 33,5%. De plus, la moitié dit ne pas avoir cherché d’aide. « Il est très important de miser sur le renforcement des réseaux sociaux de personnes transgenres », le soutien familial étant qualifié de « moyen », recommande l’IEFH.

Lire aussi > Stérilisation et psychiatrisation : le parcours du combattant des transgenres en Belgique

Les discriminations ont été rapportées dans plusieurs domaines, comme dans l’enseignement ou au travail. Plus d’une personne sur 10 était d’ailleurs sans emploi et 8,8% en incapacité de travail. « Des outils doivent être développés pour lutter contre la discrimination à l’embauche », estiment les initiateurs de l’étude.

« Le défi aujourd’hui est d’améliorer la compréhension des personnes transgenres dans la population », conclut l’Institut. Plus d’un quart des répondants ne se sentent pas à leur place dans la catégorie homme (transgenre) ou femme (transgenre). « Malgré la nouvelle Loi-Transgenre de 2017, ils/elles ne peuvent pas faire enregistrer leur identité de genre parce qu’aucune troisième option n’a été prévue. Les autorités doivent vérifier dans quelle mesure une troisième désignation de sexe doit être créée. »

Avec Belga

CIM Internet