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Ces découvertes scientifiques qui ont fait parler d’elles en 2018

Une année riche en découvertes dans de nombreuses disciplines. | © DR

Société

C’est déjà l’heure de se retourner sur 2018… L’année s’achève et fera vite place à un nouveau chiffre dans l’histoire de l’humanité. Retour sur les événements qui ont bousculé la communauté scientifique.

Par L.Dep

Un top des découvertes scientifiques est forcément limité et non-exhaustif. Mais il a l’avantage de revenir rapidement sur tout ce qui s’est réalisé au cours de l’année qui doucement s’enfuit. Comment avons-nous procédé ? Nous avons balayé l’ensemble de l’année jusqu’au tout début du mois de décembre. Des sujets qui ont fait l’actualité, la majorité du temps, qui parlent au plus grand nombre et qui offrent un panel élargi de la recherche scientifique (médecine, science, paléontologie, histoire, aérospatiale…). Nous vous les présentons dans l’ordre chronologique de l’année civile.

Homo Sapiens a quitté encore plus tôt l’Afrique (Janvier 2018)

Wikimedia Commons

Le terrain de cette découverte se situe en Israël. Plus exactement dans une grotte au coeur du site archéologique de Misliya sur les pentes du mont Carmel. La ville la plus proche est celle d’Haïfa, grand port du nord du pays. Qu’y a-t-on découvert précisement ? Le fossile d’un fragment de mâchoire qui repousse d’au moins 50 000 ans la sortie d’Afrique de l’homme moderne. Une découverte qui apporte un nouvel éclairage également sur les croisements avec d’autres espèces comme les Néandertaliens.

Avant cette découverte, les plus anciens fossiles d’Homo sapiens trouvés hors d’Afrique dataient de 90 000 à 120 000 ans, précisaient en janvier les chercheurs dont les travaux étaient publiés dans Science. La partie gauche de  l’os maxillaire supérieur découvert, portant encore plusieurs dents, remonte à une période allant de 177 000 à 194 000 ans avant notre ère. D’où la déduction qu’homo sapiens a eu des fourmis dans les jambes encore bien avant que la période habituellement considérée comme la référence.

Pour Rolf Quam, professeur d’anthropologie à l’université américaine de Binghamton et co-auteurs de l’étude, « ce fossile est l’indication la plus solide à ce jour que nos ancêtres ont émigré d’Afrique beaucoup plus tôt que nous le pensions. Les hommes modernes avaient potentiellement rencontré d’autres groupes d’humains archaïques pendant cette plus longue période de présence en Eurasie, offrant plus d’occasions d’échanges culturels et de croisements biologiques », explique le professeur Quam.

Les indices archéologiques révèlent que les occupants d’alors de la grotte étaient des chasseurs capables de tuer du gros gibier comme des aurochs qui contrôlaient l’utilisation du feu dans des foyers. Cela confirme encore l’importance du corridor pour les migrations d’hominidés qu’était le Proche-Orient à différentes périodes de l’histoire de l’humanité.

La migration, un thème on ne peut plus contemporain…

L’origine de l’anxiété détéctée… Des tests encourageants sur souris (Février 2018)

EPA

Vous êtes parfois anxieux ? Comme beaucoup d’entre nous… C’est une émotion que vous ressentez trop régulièrement ? Cette découverte va (un peu) vous aider à comprendre.

Des scientifiques ont réussi à identifier la source physique de l’anxiété. Comme toutes les émotions, elle trouve son origine dans le cerveau. Une nouvelle étude portant sur la base neurologique de l’anxiété dans le cerveau a permis d’identifier des « cellules d’anxiété » situées dans l’hippocampe. Non seulement celles-ci régulent le comportement anxieux, mais peuvent aussi être contrôlées par un faisceau de lumière.

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Des expériences incluant des souris de laboratoire pourraient mener au développement de nouveaux médicaments et offrir un peu d’espoir aux millions de personnes qui souffrent de troubles anxieux. «Nous voulions comprendre où l’information qui provoque l’anxiété est encodée dans le cerveau », explique l’un des chercheurs, le neuroscientifique Mazen Kheirbek de l’Université de Californie.

L’élément le plus prometteur ne se trouve sans doute pas (uniquement) dans l’origine physique de l’anxiété mais dans la réponse apportée à cet état. Les chercheurs ont ainsi également trouvé un moyen de contrôler ces cellules d’anxiété, du moins chez les souris. En utilisant la technique appelée optogénétique pour envoyer un faisceau de lumière sur les cellules, une modification de comportement est observable chez les animaux. L’activité des cellules anxieuses est réduite… Une perspective très encourageante pour les humains selon les chercheurs.

Un vaste lac d’eau liquide découvert sur Mars (Juillet 2018)

Photo by HO / NASA / AFP

Un lac souterrain a été découvert pour la première fois sur Mars où jamais un tel volume d’eau liquide n’avait encore été trouvé. L’eau, condition indispensable au développement de la vie, a été détectée sous une couche de glace martienne. Le lac fait environ 20 km de largeur et laisse envisager la présence de davantage d’eau, voire de vie, sur la planète rouge, selon un article publié dans la revue américaine Science.

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Mars n’a pas toujours eu le profil de planète froide, désertique et aride. Il y a au moins 3,6 milliards d’années, elle était chaude et humide et abritait une grande quantité d’eau. Les scientifiques cherchent à trouver des traces contemporaines d’eau liquide afin de percer le mystère d’une éventuelle forme de vie sur Mars dans un passé lointain voire jusqu’à nos jours.

En outre, pouvoir accéder à des sources d’eau pourrait également aider les humains à survivre lors de futures missions d’exploration de la planète rouge. Il faut modérer un peu l’enthousiasme général face à cette importante découverte : l’eau pourrait ne pas être potable et se trouve à 1,5 km de profondeur dans un environnement rude et glacial… De plus, la présence d’une éventuelle forme de vie microbienne au sein du lac ne fait pas l’objet d’un consensus. Certains experts se montrent sceptiques sur ce point, estimant que le lac est trop froid et saumâtre et contient une forte dose de sels et de minéraux martiens dissous.

Rien ne permet encore de dire que nous ne sommes ‘plus seuls dans l’univers’…

Le plus vieux dessin humain ressemble à un… hashtag (Septembre 2018)

Photo by ANNA ZIEMINSKI / AFP

Un gag ? Une tentative risible d’intéresser les jeunes générations à l’histoire de l’humanité ? Non, un curieux hasard qui fait sourire plusieurs dizaines de milliers d’années plus tard…

Le plus vieux dessin d’origine humaine, retrouvé dans la grotte de Blombos en Afrique du Sud, est fait de lignes parallèles entrecroisées à la manière d’un hashtag. Il remonte à 73 000 ans rapporte une équipe internationale de chercheurs dans la revue Nature. Le motif réalisé à l’aide d’un morceau d’ocre pointu (Ndlr: une sorte de crayon de l’époque selon les chercheurs…) sur une pierre de silcrète dépasse d’au moins 30 000 ans tous les autres dessins similaires connus en Afrique, Europe et Asie du Sud-Est. Ce n’est pas rien comme découverte…

Après des analyses au microscope et d’autres examens sur la pierre parmi plusieurs milliers d’autres,il est bel et bien apparu que les lignes parallèles étaient un dessin. Située à 300 km de la ville du Cap, la grotte de Blombos fait l’objet de fouilles depuis 1991. On y a retrouvé d’importants et nombreux vestiges témoignant de préoccupations esthétiques voire symboliques (blocs d’ocre gravés, perles en coquillage, outils en os) dans des niveaux datant de 75 000 à 100 000 ans avant notre ère.

Cette nouvelle trouvaille confirme que des représentants précoces de l’Homo sapiens ont réalisé des motifs graphiques à l’aide de différents matériaux et techniques.

Construction des pyramides : une rampe pourrait expliquer le transport d’immenses blocs de pierre (Septembre 2018)

© Simon Matzinger / Unplash

Le secret de la construction des pyramides est l’un des mieux gardé de l’Histoire. En septembre dernier, des égyptologues ont reçu un petit coup de pouce du destin. Alors qu’ils étudiaient des inscriptions anciennes sur le site de Hatnoub, une ancienne carrière dans le désert égyptien, ces derniers sont par hasard tombés sur une rampe datant de la même époque que la Pyramide de Gizeh (il y a 4 500 ans).

Longue de 30 mètres, sur trois mètres de large, encadrée par deux escaliers parallèles comportant des trous de poteaux, elle représente le haut d’une rampe de plus de 100 mètres de long. Cette découverte suggère qu’il existait à l’époque une technique plus développée que ce que l’on pensait jusqu’ici, qui aurait permis de construire les merveilles du monde plus rapidement.

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L’immunothérapie comme espoir face au crabe… (Octobre 2018)

Photo by Sam YEH / AFP

Le prix Nobel de médecine a été attribué en 2018 à un duo de médecins, tous deux immunologistes. Il s’agit de l’Américain James P. Allison et du Japonais Tasuku Honjo. Plus qu’une découverte, il s’agit surtout d’une récompense d’une technique déployée depuis plusieurs années mais qui fait ses preuves et offre de réelles perspectives aux patients atteints de cancer et à qui ils ne restaient aucune option…

La grande question, et le secret espoir, pour le corps médical, les patients et les familles touchées par la maladie est la suivante:  l’immunothérapie remplacera-t-elle un jour la chimiothérapie pour lutter contre le cancer ? Cette technique, qualifiée de révolutionnaire, est en plein essor et consiste à renforcer les défenses du corps contre la maladie. Le duo de chercheurs a découvert comment déclencher une réponse de l’organisme contre le cancer, en neutralisant certaines molécules qui l’empêchent de se défendre.

Cette technique n’est utilisée sur les patients que depuis quelques années et ne fonctionne pas sur tous les malades ni sur tous les cancers. Elle ne donne ainsi aucun résultat sur les cancers du pancréas et du cerveau qui touchent beaucoup de gens. Mais les espoirs qu’elle porte incitent l’industrie pharmaceutique à investir.

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En juillet 2018, il y avait au total 800 essais cliniques en cours dans le monde et plus de 30 médicaments en développement, selon un décompte de l’American Cancer Society. De nombreux sont d’ailleurs déjà autorisés en Europe et aux États-Unis.

En quoi cette technique est-elle aussi prometteuse ? Pour se défendre contre ce qui est étranger à notre organisme, le corps s’appuie sur des globules blancs appelés lymphocytes T. L’immunothérapie vise à doper ces petits soldats afin qu’ils s’attaquent aux tumeurs. Là où la chimiothérapie ne fait forcément pas la différence entre cellules saines et cancéreuses.

Un bateau vieux de 2 400 ans découvert intact au fond de la mer noire (Octobre 2018)

Photo by HO / Black Sea MAP/EEF Expeditions / AFP

Une aventure qu’aurait pu imaginer Hergé pour ses héros le capitaine Haddock et Tintin ! La plus vieille épave « intacte » au monde, un bateau de commerce grec remontant à l’an 400 avant JC, a été découverte au fond de la mer Noire. Une découverte réalisée par une expédition scientifique anglo-bulgare. A deux kilomètres de profondeur reposait un navire venant tout droit de l’Antiquité.

« Cette découverte va changer notre compréhension de la construction navale et de la navigation à l’époque antique », a expliqué le professeur Jon Adams, directeur du Centre d’archéologie maritime de l’université de Southampton, l’un des dirigeants de l’expédition.

L’expédition Black Sea MAP (pour Maritime Archaeology Project) a sondé pendant trois ans les fonds de la mer Noire sur plus de 2 000 km² au large de la Bulgarie au moyen d’un sonar et d’un véhicule télécommandé équipé de caméras. Au total, ce sont plus de 60 épaves remontant à l’Antiquité, à l’époque romaine et jusqu’au XVIIe siècle qui ont été découvertes.

La plus ancienne d’entre elles a été retrouvée à une profondeur où l’eau est dépourvue d’oxygène et peut « conserver les matières organiques pendant des milliers d’années », a précisé l’équipe du Black Sea Map. L’épave a été datée au carbone 14.

Lavocatisaurus agrioensis mesurait 12 mètres de long (Novembre 2018)

Une nouvelle espèce de dinosaure découverte en Argentine. Voilà de quoi émoustiller le monde de la paléontologie. Une équipe composée de paléontologues espagnols et argentins a découvert les restes d’une nouvelle espèce de dinosaure ayant vécu voici 110 millions d’années près de la Cordillère des Andes.

Photo by TOSHIFUMI KITAMURA / AFP

Baptisé Lavocatisaurus agrioensis, cet herbivore de 12 mètres de long vivait dans une zone désertique qui est aujourd’hui la province de Neuquén, réputée pour ses sites paléontologiques et ses gisements pétroliers. « Os du crâne, dents, ossements provenant du cou, de la queue et du dos nous a permis d’effectuer une reconstitution très complète », s’est félicité José Luis Carballido, chercheur du Musée Egidio Feruglio, situé à Trelew, en Patagonie.

Près de ce Lavocatisaurus agrioensis adulte, les scientifiques ont mis à nu les os de deux spécimens plus jeunes, de 6 à 7 mètres de long. D’après ces experts, ils se déplaçaient en groupe et ont été tués au même moment.

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