Paris Match Belgique

Au Royaume-Uni, le véganisme pourrait être protégé au même titre qu’une religion

vegan

Le Royaume-Uni s'apprête-t-il à reconnaître le véganisme comme motif de discrimination, au même titre que le genre et la religion ? | © Unsplash/Miika Laaksonen

Société

Alors qu’un homme assure s’être fait licencier à cause de son engagement dans le véganisme, le Royaume-Uni va devoir décider si, oui ou non, ce mode alimentaire peut être considéré comme une « croyance philosophique » et donc bénéficier de la même protection que la religion.

Être vegan est avant tout un mode vie, une philosophie. Et Jordi Casamitjana en est bien la preuve. Alors qu’il travaillait à la League Against Cruel Sports, une organisation caritative contre les « sports cruels » comme la chasse et la corrida, cet homme de 54 ans raconte à CNN s’être fait licencier en avril dernier après avoir « découvert que les fonds de pension de l’organisation investissaient dans des entreprises impliquées dans l’expérimentation animale ». Après cette découverte, il en a informé ses collègues, malgré l’interdiction, selon lui, de la direction du groupe de protection des animaux « de ne pas communiquer avec le personnel au sujet des pensions ». Renvoyé pour faute grave, Jordi Casamitjana dénonce la discrimination dont il a été victime, en tant que « vegan éthique » et « lanceur d’alerte ». « Ils auraient pu me donner un avertissement… ils auraient peut-être pensé que, en tant que végétalien éthique, je ne laisserais pas tomber l’affaire, alors ils ont peut-être pensé qu’il était préférable de se débarrasser de moi ». En plus d’un mode alimentaire qui refuse tout produit issu des animaux ou de leur exploitation, un végétalien éthique boycotte les zoos, le cuir, les aquariums ou encore tout produit testé sur les animaux. Ce que Jordia Casamitjana fait depuis 17 ans.

Lire aussi > Trop « agressifs », certains vegans donneraient encore plus envie de manger de la viande aux autres

Un procès en deux temps

Un tribunal britannique va donc s’occuper de cette affaire. En deux temps, souligne Slate. Pour décider si son cas est fondé, le tribunal doit d’abord déterminer si le véganisme éthique peut être protégé par la législation contre les discriminations. Au Royaume-Uni, cette loi prévoit actuellement neuf sujets précis : âge, genre, orientation sexuelle, transidentité, race (incluant la couleur de peau, la nationalité, l’origine ethnique ou nationale), grossesse, handicap, mariage ou union civile et enfin, religion ou croyance. C’est à ce dernier sujet que le véganisme pourrait correspondre.

Pour être qualifié de « croyance » selon la loi britannique, le véganisme doit être véritablement tenu, atteindre un certain niveau de force et de sérieux être digne de respect dans une société démocratique. Cela signifie que cela ne peut pas être incompatible avec la dignité humaine et ne doit pas entrer en conflit avec les droits fondamentaux d’autrui. Et enfin, le véganisme doit être une croyance, plutôt qu’« une opinion ou un point de vue basé sur l’état actuel de l’information disponible », explique Quartz avant d’avoir rencontré plusieurs philosophes qui pensent tous, sans exception, que le véganisme méritait la même protection juridique que la religion.

Lire aussi > Certains hommes de Néandertal étaient vegans

Une fois cela fixé, un juge déterminera si le renvoi de Jordi Casamitjana constituait bien une discrimination. Selon son ancien employeur, il n’a pas été renvoyé pour ses convictions, mais pour faute grave : « Casamitjana n’a pas été licencié à cause de l’expression, interne ou externe, de ses préoccupations sur les pensions, il n’y a donc aucun fondement à ses déclarations comme quoi il serait un lanceur d’alerte », a déclaré un porte-parole de l’organisation, qui précise être « vegan-friendly ».

Mots-clés:
religion veganisme
CIM Internet