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Le Belge doit craindre les dégâts de la « maladie du soda »

La maladie du soda est devenue la première cause de transplantation du foie aux États-Unis. | © ©Flickr

Société

Deuxième plus grand consommateur de soda d’Europe après les Allemands, le Belge devrait plutôt craindre ses méfaits. La « maladie du soda », une affection qui s’attaque au foie, concerne 10% de la population des pays industrialisés. D’ici quelques années, elle pourrait même devenir la première cause de greffes du foie, devant l’hépatite C.

Si elle reste méconnue, la NASH, Non Alcoolic Steato Hepatitis en anglais, inquiète pourtant le monde scientifique. A cause d’une consommation excessive de graisse et de boissons sucrées, d’où son appellation « maladie du soda », le foie reçoit une surcharge de graisse qu’il ne parvient plus à éliminer. L’organe stocke alors les acides gras, provoquant une inflammation. Les complications de ce « Foie gras humain » peuvent mener à une cirrhose voire à un cancer du foie.

La stéatose hépatique non alcoolique est d’autant plus dangereuse car elle évolue doucement dans l’organisme, et reste souvent dissimulée par d’autres facteurs à risques comme l’obésité. Selon le quotidien français le Parisien, ses dommages font des ravages : environ 25 % de la population mondiale serait touché par cette pathologie qui pourrait devenir la première cause de transplantation hépatique d’ici 2020.

Si les pays d’Amérique latine sont souvent pointés du doigt comme les buveurs incontournables de ces boissons sucrées, la Belgique n’est pas en reste. Avec une consommation moyenne de 124,2 litres par an, le Belge est le sixième plus gros consommateur de soda au monde, et le deuxième d’Europe après.

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Une taxe qui n’a pas dissuadé les Belges

À maintes reprises, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé les gouvernements à adopter une taxe d’au moins 20 % sur les boissons sucrées. Partant du constat que les sodas contribuent à l’obésité, ces mesures permettraient de réduire la consommation de ce type de produit. L’institution rappelle qu’aujourd’hui un adulte sur trois serait en surpoids.

En Belgique,on paye une taxe de quelques centimes sur ces boissons sucrées depuis 2016. Cette taxation avait été introduite par la ministre de la Santé publique Maggie De Block pour inciter le consommateur à adopter un mode de vie plus sain. Pourtant, la vente des sodas ne baissent toujours pas. Certains amateurs se tourneraient même vers les supermarchés discount qui n’offrent pas de marques ou vers les magasins à l’étranger.

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Au tour des géants d’être moins sucrés

Au moment où les taxations sur les sodas s’imposent de plus en plus, les grandes compagnies riposent. Nestlé, Coca-Cola, Unilver, tous promettent de réduire le taux de sucre de leurs produits pour les  « rendre plus sains ». Au Pays- Bas, seul le Sprite sans calorie ni sucre (mais avec des édulcorants comme l’aspartame) sera dorénavant vendu, une première mondiale d’après le Financieele Dagblad. Le fabricant anglo-néerlandais Unilever, producteur du Lipton Ice Tea, s’engage à réduire de 45% le sucre contenu dans le thé glacé. Au total, environ 700 millions carrés de sucres remplacés par des édulcorants à base de stévia – une plante aromatique d’Amérique du Sud – afin de garantir son goût d’origine. Si les géants de l’agroalimentaire se débarrassent du sucre, le remplacer par des édulcorants n’est pas le remède dans la lutte contre l’obésité. Selon le professeur Anne Raben (Université de Copenhagen, Danemark), ces substances stimuleraient d’ailleurs l’appétit.

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