Pour une sociologue, la radicalisation est « un problème d’ordre pédagogique »

Pour une sociologue, la radicalisation est « un problème d’ordre pédagogique »

Education

Pour la chercheuse, il est important d’apprendre aux jeunes présentant un risque de radicalisation à « lutter pacifiquement pour leurs idéaux ». | © Alice Donovan Rouse / Unsplash

Société

Pour une chercheuse, il est important d’apprendre aux jeunes présentant un risque de radicalisation à « lutter pacifiquement pour leurs idéaux« . Par exemple, en les laissant mener des actions de sensibilisation sur la situation humanitaire en Syrie et en les laissant récolter des fonds à des fins caritatives dans le pays.

 

« La radicalisation est avant tout un problème d’ordre pédagogique qui nécessite une solution pédagogique », a conclu jeudi à la Chambre la professeure Marion Van San de l’Université Erasmus de Rotterdam lors de la présentation de sa recherche sur « la prévention de la radicalisation et les possibilités de déradicalisation », pour le compte du think tank Itinera Institute.

Lire aussi > Centres de déradicalisation : « Nous sommes encore trop méconnus »

Plus de soutien aux parents

D’après la sociologue, les parents – souvent épinglés comme les premiers responsables du comportement de leurs enfants – doivent recevoir davantage de soutien. Mais les autorités, en vertu du respect à l’État de droit, ne peuvent pas assumer leurs tâches, tout au plus peuvent-ils les soutenir (sauf si un enfant est en danger). Il est dès lors important d’apprendre aux jeunes présentant un risque de radicalisation à « lutter pacifiquement pour leurs idéaux ». Par exemple, en les laissant mener des actions de sensibilisation sur la situation humanitaire en Syrie et en les laissant récolter des fonds à des fins caritatives dans le pays. Marion Van San dit ne pas être contre la détection des premiers signes de radicalisation, mais « c’est tout simplement trop de déceler tout ce qui pourrait présenter un danger ». « Cela instaure un climat de suspicion. Or, personne n’a besoin de se sentir traqué ».

Lire aussi > Le leurre de la déradicalisation

La professeure estime par ailleurs qu’il est du ressort du politique de mieux communiquer sur les possibilités existant au sein d’un Etat de droit. « Le message selon lequel la sécurité peut être assurée par la détection et l’investissement dans la déradicalisation crée de fausses attentes. Il n’y a aucune manière de prévoir ou d’anticiper le fait qu’un individu devienne ou non un terroriste », souligne Mme Van San. Une méthodologie étanche qui permet de restreindre la radicalisation n’existe pas. « Le politique doit donc raconter une histoire plus claire. Parce que des attentats restent imprévisibles et continueront de se produire. Vous ne pouvez juste pas les éviter totalement ».

Avec Belga 

CIM Internet