Qu’est devenue la « tortue punk » menacée d’extinction qui a ému le monde entier ?

Qu’est devenue la « tortue punk » menacée d’extinction qui a ému le monde entier ?

tortue punk

L’Elusor macrurus – de son nom scientifique – fait toujours partie des nombreux reptiles menacés. | © Facebook : ZSL

Société

Une campagne de crowdfunding a permis de collecter plus de 15 000 dollars australiens, soit environ 9 500 euros, pour sauver l’espèce. Mais cela a-t-il suffi ?

 

On l’avait surnommé « la tortue badass » sur les réseaux. Avec sa crête verte fluo et son look tout droit sorti d’un concert de punk des années 70, cette tortue de la Mary River australienne avait copieusement fait parler d’elle.

Relayé aux quatre coins du monde, le portrait affriolant de la « tortue punk » reconnue comme une « espèce à part » avait colporté un message de la plus haute importance : l’Elusor macrurus – de son nom scientifique – fait partie des nombreux reptiles menacés d’extinction et il est grand temps de le protéger. Car si cette tortue à l’apparence originale est aujourd’hui menacée d’extinction, c’est qu’elle fut largement collectée pour le commerce des animaux de compagnie dans les années 60 et 70. La destruction de son habitat naturel, notamment la construction de barrages et le commerce illégal de ses œufs, a par ailleurs entraîné le déclin de son espèce.

Mobilisation générale

Devenue célèbre, la tortue avait vu son portrait imprimé sur des t-shirts, notamment distribués par la scène punk à Melbourne qui avait organisé un concert de collecte de fonds. Une campagne de crowdfunding avait même permis de collecter plus de 15 000 dollars australiens, soit environ 9 500 euros. La mobilisation pour la sauvegarde de l’espèce à la tignasse verdâtre avait atteint son apogée quand les stars hollywoodiennes Rosario Dawson et Cate Blanchett se sont engagées en faveur de sa protection, dans une vidéo partagée sur YouTube. « À partir du moment où les gens ont compris que cette tortue était incroyable et unique, ils s’y sont aussitôt intéressés », a déclaré au Guardian Rikki Gumbs de l’Imperial College London.

Une espèce encore trop négligée

Pourtant, l’émotion générale suscitée par cette drôle d’espèce n’a pas suffi à la sauver. « En dépit de toute cette attention médiatique, le gouvernement australien n’a pris aucune mesure réelle pour changer quoi que ce soit », déplore Rikki Gumbs auprès du quotidien britannique. Pour lui, il n’existe aucune protection officielle pour les reptiles en Australie et aucun « plan de rétablissement des espèces » pour la tortue de la Mary River. Un plan, dont l’objectif est d’améliorer la santé de la rivière australienne, attend toujours d’être adopté. En attendant, poursuit le Guardian, il faudrait investir 40 000 dollars australiens par an (environ 25 000 euros) pour sauver l’espèce. Mais malgré les nombreuses campagnes de communication sur le sujet, conclut-il, « les reptiles sont encore complètement négligés ».

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