La marque Prada accusée de blackface

Blackface Prada

La marque de prêt-à-porter avait lancé une collection intitulée Pradamalia. | © Capture d'écran Facebook Chinyere Ezie

Société

Suite au tollé, la marque a retiré les figurines racistes de la vente.

 

C’est la publication furieuse de Chinyere Ezie, une avocate new-yorkaise, qui a mis le feu aux poudres. « Alors que je revenais à New York après une visite touchante du Smithsonian National Museum of African American History and Culture (en français, Musée National de l’Histoire et Culture Africaine et Américaine), qui comprenait une exposition sur le blackface (une pratique théâtrale raciste courante au XIXème siècle, ndlr) je suis passée à côté du magasin Prada de Soho et j’ai été confrontée aux mêmes images racistes et dénigrantes. Avec un collègue, je suis ensuite entrée dans le magasin, pour être frappée par d’autres exemples d’illustration de type Sambo (…) », a-t-elle écrit sur Facebook. Rapidement, sa publication devient virale. Ce qui a fait réagir la marque.

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Pradamalia

En cette période de fêtes, la marque de prêt-à-porter avait lancé une collection intitulée Pradamalia. Celle-ci comprenait un ensemble de créatures mystérieuses développées par Pradalabs, explique le site de la Fastcompany. Parmi celles-ci, une des figurines, un singe noir appelé Otto, ressemble fortement à un blackface et est décliné en porte-clés, t-shirts, colliers, étuis de téléphones. Un scandale pour l’avocate new-yorkaise « tremblant de rage », qui a appelé au boycott de la marque.

Retirés des présentoirs

La marque a rapidement réagi aux critiques sur Twitter. « Le groupe Prada abhorre les images racistes. Les Pradamalia sont des goodies fantaisies composés d’éléments de crées par Prada. Ce sont des créatures imaginaires et non pas blackface. Le groupe Parada n’a jamais eu l’intention d’offenser qui que ce soit. Nous condamnons toute forme de racisme et d’image raciste. De ce fait, nous allons retirer les personnages de nos établissements et de la circulation ».

[1/2] #Prada Group abhors racist imagery. The Pradamalia are fantasy charms composed of elements of the Prada oeuvre. They are imaginary creatures not intended to have any reference to the real world and certainly not blackface.

— PRADA (@Prada) December 14, 2018

Mais cela n’a pas freiné les vellétités de boycott des internautes. « Prada utilise des blackface en 2019. Et dit qu’ils sont des éléments de l’œuvre de Prada. Votre première erreur a été d’utiliser le mot œuvre. 84% de nous ont dû chercher ce mot. Clowns ».

Le compte Instagram chien de garde dietprada a également dénoncé la collection, l’estimant surprenante de la part de Prada, qui a régulièrement mis en avant la diversité dans ses collections. Le compte a suggéré à la marque « davantage de diversité au niveau de l’entreprise pour les postes qui détiennent le pouvoir en matière de prise de décision et d’imagerie de marque ».

 

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Woke up on the morning of our fourth birthday to some news about our namesake @prada .  The “Pradamalia” collection, produced in collaboration with @2x4inc , features fantasy “lab-created” animals.  According to a press release about the collab, the creatures mix up the codes of the house into their features.  Many are comparing « Otto », a resulting mutation of one of Prada’s oldest mascots, the monkey, to Little Sambo, a children’s book character from 1899, who exemplified the pickaninny style of blackface caricature, though other examples from as early as 1769 can be found. The exaggerated stereotypes propagated racism freely back then, but it’s apparent that the legacy of the harmful imagery still affects how we contextualize racism today.  This is surprising from Prada, who’s known (at least recently) for the inclusivity of their casting, propelling then unknown models like Anok Yai and Jourdan Dunn into near supermodel status…not to mention casting Naomi Campbell in that 1994 campaign at a time when it was generally deemed « risky » to cast people of color in international luxury campaigns.  Recently, they mounted « The Black Image Corporation », an exhibition highlighting the importance and legacy of black creators in American publishing and photography, in both Milan and Miami.  Representation is important, but understanding how to navigate the nuances of how the world perceives racism is even more so.  One thing is pretty clear though…given recent scandals, luxury brands operating on a massive global scale need more systems in place to avoid controversies like this.  A suggestion for now: more diversity on a corporate level for positions that actually hold power in decision making and brand imaging.  Prada issued a swift apology on twitter and are in the process of removing the products from display and sale, but no mention on Instagram yet.  Dieters, chime in with your thoughts! • #prada #blackface #littlesambo #retailproblems #retaildisplay #soho #nyc #dietprada

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Traduction : « Je me suis réveillé le matin de notre anniversaire avec quelques nouvelles de notre homonyme, @prada. La collection « Pradamalia », réalisée en collaboration avec @ 2x4inc, présente des animaux fantastiques « créés en laboratoire ». Selon un communiqué de presse sur la collab, les créatures mélangent les codes de la maison à leurs caractéristiques. Nombreux sont ceux qui comparent « Otto », une mutation de l’une des plus anciennes mascottes de Prada, le singe, à Little Sambo, personnage de livre pour enfants de 1899, qui incarne le style médiocre de la caricature du blackface. Les stéréotypes exagérés ont propagé le racisme librement à l’époque, mais il est évident que l’héritage de ces images nuisibles a toujours une incidence sur la manière dont nous contextualisons le racisme aujourd’hui. Ceci est surprenant de la part de Prada, connu pour l’inclusion de son casting, propulsant des mannequins inconnues comme Anok Yai et Jourdan Dunn dans un statut proche de celui de mannequin … sans parler du casting de Naomi Campbell dans cette campagne de 1994 à la fois. alors qu’il était généralement jugé «risqué» d’incarner des personnes de couleur dans les campagnes internationales du luxe. Récemment, ils ont monté « The Black Image Corporation », une exposition soulignant l’importance et l’héritage des créateurs noirs dans l’édition et la photographie américaines, à Milan et à Miami. La représentation est importante, mais il faut comprendre comment naviguer dans les nuances du racisme dans le monde. Une chose est assez claire cependant … étant donné les récents scandales, les marques de luxe opérant à une échelle mondiale massive ont besoin de davantage de systèmes en place pour éviter de telles controverses. Une suggestion pour le moment : davantage de diversité au niveau de l’entreprise pour les postes qui détiennent le pouvoir en matière de prise de décision et d’imagerie de marque ».

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