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Camelot, le site qui propose d’occuper des biens d’exception vacants contre un modeste loyer

Moyennant un budget dérisoire, les occupants sélectionnés par Camelot peuvent s'improviser châtelains intérimaires © Belga

Société

S’il n’est plus possible aujourd’hui de séjourner à la cour du roi Arthur, Camelot propose l’option qui s’en rapproche le plus. Soit la possibilité de séjourner dans des lieux d’exception, moyennant un loyer modique et la promesse d’en assurer la protection. Une version revue et corrigée du squat qui ne séduit pas que les apprentis anarchistes. 

Un appartement spacieux à Ixelles pour 244€ par mois. 204€ de loyer pour une maison deux chambres à Chênée. Voire même, pour les plus exigeants, un appartement à Nieuport pour le prix modique de 244€ mensuels. Trop beau pour être vrai ? Pas en passant par l’intermédiaire de Camelot, une société active dans toute l’Europe, qui gère des locaux vacants au compte de leur propriétaire.

Éviter les risques

Comme ils l’expliquent, « Le plus souvent, ces bâtiments sont dans l’attente d’une nouvelle affectation qui peut être par exemple la rénovation, la vente, la location ou la démolition. Ces bâtiments, provisoirement vacants, sont exposés à des risques tels que le squat, le vandalisme, le vol ou encore la dégradation naturelle ». Pour éviter ce genre de dommages, Camelot installe des résidents temporaires dans les locaux.Mais attention à ne pas trop s’installer : être résident temporaire a beau être moins cher, ce statut n’offre pas les mêmes garanties que celui de locataire.

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Camelot rassemble des bâtiments atypiques, comme ici à Ixelles – © Belga

Confort sommaire

Ainsi, impossible de savoir à l’avance combien de temps il sera possible de séjourner dans l’immeuble, et Camelot demande à ses résidents d’être prêts à déménager après un préavis d’un mois seulement. La présence d’animaux domestiques est interdite, et il faut parfois se passer de conforts modernes tels que lave-vaisselle et machine à laver. Des sacrifices que certains n’hésitent pas à faire pour avoir le plaisir de vivre la vie de château à prix mini.

Période d’adaptation

Pierre est devenu résident temporaire par hasard, en 2006, après avoir entendu parler de Camelot via le bouche-à-oreille. « Je connaissais quelqu’un qui habitait dans l’ancien hôpital de Bavière et qui m’a prévenu qu’il y avait une place à prendre, mais qu’il fallait passer via le site. Je suis resté deux ans là-bas. Je n’étais pas le premier à l’occuper, alors le lieu était déjà un peu réaménagé, mais cela reste particulier quand même. Il m’a fallu un temps d’adaptation : c’est impossible de ne pas penser à ce qui s’est passé dans ses murs avant, mais pour moi, ça fait partie du charme ».

Situation incertaine

Moins charmant : l’incertitude inhérente à ce type d’arrangement. « Quand le bâtiment a été racheté, j’ai dû quitter les lieux en deux semaines. On ne sait jamais combien de temps on va pouvoir rester : cela peut être pour trois semaines comme pour trois ans. Il vaut mieux choisir des lieux un peu atypiques : il y a plus de chance qu’ils mettent du temps à être vendus, ce qui permet d’y rester plus longtemps ».

La vie d’aristo

Comme ce château d’Hermalle-sous-Argenteau, dans la région liégeoise, que Pierre a occupé pendant deux ans. « C’était un bâtiment du 19e siècle au bord de l’eau avec des cheminées, des arbres centenaires classés, une piscine, un verger… La totale, la vraie vie d’aristo. Normalement, le château était prévu pour trois personnes mais on l’occupait à deux avec un ami. On devait chacun payer une centaine d’euros par mois pour garantir la consommation d’énergie ».

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L’objectif principal est d’éviter que des bâtiments laissés à l’abandon ne soient squattés et victimes de détériorations – © Belga

« Quand tu as une piscine, tes amis veulent toujours venir »

La vie de château, la richesse en moins. « Camelot permet d’avoir un toit pour une poignée d’euros. Quand on habitait là-bas, c’était incroyable. Si tu as une piscine, même si tu habites en dehors de la ville, tes amis veulent toujours venir chez toi. Je cultivais mon potager, j’avais vraiment l’impression d’être un écrivain à la retraite ». Une certaine vision de la dolce vita à laquelle Pierre a dit adieu il y a quelques années, sans regrets. Aujourd’hui locataire d’un appartement dans le centre de Liège, il pense parfois à retenter l’aventure, sans toutefois sauter le pas.

Marre de bouger

« Des fois, je me dis que je recommencerais bien, mais c’est compliqué. Au bout d’un moment, j’en ai eu marre de devoir tout le temps bouger. C’est compliqué si on veut avoir une famille, et déménager tout le temps, ça use. En plus, il est interdit de se domicilier sur place, donc administrativement, ce n’est pas évident. Même si les avantages sont indéniables, cela reste une vie instable ».

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