L’armée conçoit un casse-tête grand public pour dénicher des talents

L’armée conçoit un casse-tête grand public pour dénicher des talents

Cyberdéfense

Le cyberespace est l'un des grands champs de bataille du XXIe siècle

Société

La Défense lance un défi à la population : résoudre 36 énigmes particulièrement complexes concoctées par son service de renseignement, le SGRS. Au-delà du challenge ludique, l’objectif est de dénicher des talents parmi le grand public à des fins éventuelles de recrutement dans le cadre de la cyberdéfense. 

Le monde de l’espionnage vous fascine depuis toujours. Vous dévorez les romans de John le Carré ou les thrillers de Robert Ludlum. Vous êtes un geek, fana de systèmes de cryptage. Alan Turing, l’homme qui a vaincu « Enigma », la machine de chiffrement utilisée par l’Allemagne nazie, figure au panthéon de vos héros. Ou, tout simplement, vous raffolez des puzzles, casse-têtes et autres rébus. Dans tous les cas, le défi lancé au grand public par le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) de la Défense est pour vous.

Il s’agit de résoudre en ligne une série d’énigmes concoctées par le renseignement militaire et regroupées par commodité sous l’intitulé de « puzzle de fin d’année ». Pour y parvenir, la Défense assure qu’il faut disposer de très solides capacités de raisonnement logique et analytique. Mais également faire preuve de créativité et de persévérance. Car les concepteurs de ce jeu d’énigmes disent avoir hissé le niveau de difficulté à son sommet. De quoi vous triturer les neurones le soir de Noël, en famille ou entre amis, et sans doute bien au-delà de la veillée traditionnelle pour les plus mordus, bien décidés à mettre leurs méninges à rude épreuve.

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Si tout un chacun peut s’y essayer par simple envie de distraction ou pour relever un défi intellectuel, l’objectif de ce challenge ne consiste toutefois pas à offrir à la population de quoi se changer les idées durant les vacances, ni même à vérifier que les « barbouzes » de l’armée belge sont capables de concevoir des charades impossibles. Non, l’objectif, c’est clairement de dénicher des talents en vue de les recruter. Même si la Défense ne le dit pas explicitement, elle indique néanmoins vouloir montrer à la faveur de ce concours qu’elle n’a pas uniquement besoin « personnes aux capacités physiques élevées » dans ses rangs. Mais également des profils dotés de réelles compétences intellectuelles : « Le militaire actuel, et à plus forte raison celui du futur, doit avoir des brains », souligne-t-on au SGRS.

Rambo vs. Snowden

Il est vrai que la cyberdéfense s’impose de plus en plus comme une nouvelle arme stratégique. Les questions de surveillance et de sécurité dans le cyberespace sont au cœur de la nouvelle doctrine militaire et la Belgique n’y échappe pas. Récemment, dans une interview accordée à Paris Match, le lieutenant général Claude Van de Voorde, le patron du SGRS, reconnaissait que la cyberdéfense constitue l’un des grands champs de bataille du XXIe siècle.

© Pexels

À l’ère de la guerre numérique clandestine, « Rambo » semble donc quelque peu démonétisé au profit d’« Edward Snowden », si l’on occulte le fait que l’ex-analyste de la CIA et de la NSA s’est transformé en lanceur d’alerte pour dénoncer la surveillance électronique de masse. C’est là un autre aspect, mais qui montre en tout cas que la cybersécurité occupe une place de plus en plus prépondérante parmi les arsenaux des États.

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Quoi qu’il en soit, le chef du renseignement militaire belge n’avait pas caché à Match que son service est entré dans une phase active de recrutement. En interne, mais également dans le monde civil : « Ce que nous recherchons, ce sont des geeks », précisait-il, « c’est-à-dire des personnes capables de percevoir la moindre anomalie dans un environnement hermétique à la plupart des gens, mais qu’eux connaissent tellement bien que rien ne leur échappe. Dans certains pays, les États-Unis notamment, les services de renseignement les repèrent en les mettant au défi de résoudre des sortes d’énigmes complexes mises en ligne. Ceux qui y parviennent sont sélectionnés ». Voilà qui achève de nous convaincre que c’est bien là également la finalité de ce fameux « puzzle de fin d’année ».

Bref, que vous soyez tenté de devenir un cyberespion ou simplement vous confronter à ce casse-tête réputé ultra difficile, la Défense vous met au défi de résoudre les 36 énigmes mises en ligne ici. Les formulaires de réponse doivent être envoyés avant le 14 janvier 2019 à 23h00 à l’adresse puzzle@mil.be. À vous de jouer !

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