En Inde, les premiers pas historiques de deux femmes dans le temple Sabarimala

En Inde, les premiers pas historiques de deux femmes dans le temple Sabarimala

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Mardi, des centaines et des milliers de femmes du Kerala ont formé une chaîne humaine longue de 620 km sur l'ensemble du territoire du Kerala afin de montrer leur soutien à l'égalité des sexes. | © AFP

Société

Après plusieurs semaines de protestation, deux Indiennes de 40 ans sont entrées dans le célèbre temple Sabarimala, situé dans l’état du Kerala. L’accès au lieu sacré était jusque septembre interdit aux femmes âgées de 10 à 50 ans.

 

Dans un pays où l’inégalité des genres reste un énorme problème sociétal, la symbolique est importante. Bindu et Kanaka Durga, deux femmes âgées de 40 ans, sont entrées dans le célèbre temple hindou Sabarimala, situé dans l’état du Kerala, au sud du pays. En septembre, la Cour suprême a mis fin à une règle archaïque en vigueur depuis plusieurs siècle, qui interdisait aux femmes en âge de menstruer de pénétrer à l’intérieur du lieu sacré. Mais des fidèles protestant contre la levée de l’interdiction continuaient d’en bloquer l’accès.

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Protégées

« Aujourd’hui, deux femmes sont entrées dans le sanctuaire. Nous avions donné un ordre permanent à la police pour assurer toute la protection possible à toute femme qui souhaite entrer dans le temple », a confirmé Pinarayi Vijayan, le ministre en chef du Kerala, cité par The Guardian. Une protection nécessaire : Bindu et Kanaka Durga avaient déjà tenté d’entrer au sein du temple il y a un mois, mais avaient été chassées avec force par des protestant hindous de droite, qui avaient formé un blocus à l’entrée du temple, déterminés à défendre l’interdiction d’accès au temple aux femmes « impures ». Le lieu sacré était devenu le théâtre d’oppositions féroces entre ceux qui soutenaient la levée de l’interdiction par la Cour suprême et les défenseurs de la règle archaïque.

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Des fidèles hindous font la queue pour visiter le temple de Sabarimala au Kerala après l’entrée de deux femmes le 2 janvier 2019 © AFP

Les médias locaux ont expliqué que les deux Indiennes ont commencé la longue marche menant au temple vers minuit, flanquées de policiers. Elles y sont arrivées vers 4 heures, et y ont prié la divinité célibataire Ayyappa. Le célibat du dieu était la raison de l’interdiction d’accès aux femmes. Les croyants craignent que les femmes ne « tentent » la divinité.

Mardi, des centaines et des milliers de femmes du Kerala ont aussi formé une chaîne humaine longue de 620 km sur l’ensemble du territoire de l’État afin de montrer leur soutien à l’égalité des sexes. Le rassemblement du « mur des femmes » a été soutenu par le gouvernement.

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M T Ramesh, le chef du parti Bharatiya Janata (BJP) a dénoncé une « conspiration » entre les femmes et le gouvernement. « Pourquoi cette visite de nuit ? Le gouvernement du Kerala est complice de ce crime », s’est-il insurgé. Une pétition protestant contre la levée de l’interdiction va être remise à la Cour suprême le 22 janvier. Après le passage des deux femmes, le temple a été « purifié » par des prêtres. Ils ont fermé le lieu pendant plusieurs heures pour effectuer d’anciens rituels visant à éliminer la présence « polluante » des femmes. La présence des femmes au sein du lieu saint était une étape importante, mais la route vers l’égalité est encore longue…

 

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