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Certains hommes de Néandertal étaient vegans

Aucune viande n’a été détectée dans le régime des Néandertaliens en Espagne. | © PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Société

Des chercheurs internationaux ont réussi à déterminer le régime alimentaire des hommes de Néandertal en étudiant des plaques dentaires retrouvées en Belgique et en Espagne. Constat : des différences de comportement existent entre les deux régions.

Certains hommes de Néandertal avaient bien plus que 40 jours sans viande à tenir. En étudiant le tartre dentaire de quatre fossiles d’hommes de Néandertal, une équipe internationale de chercheurs a réussi à reconstituer leur régime alimentaire. Retrouvés en Belgique et en Espagne, ils ont entre 42.000 et 50.000 ans. Les conclusions, publiées dans la revue Nature, montrent que, dans la Grotte de Spy, le régime belge était constitué de rhinocéros laineux et de mouflons, alors que dans la Grotte d’El Sidrón, au nord-ouest de l’Espagne, aucune viande n’a été détectée dans le régime des Néandertaliens. Leur assiette était plutôt composée de champignons, de pignons de pin et de mousse végétale. Ces résultats peuvent être justifiés par la différence d’environnements. La Grotte de Spy était, à l’époque, entourée de steppes alors que des forêts montagneuses recouvraient les Asturies.

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Ils se soignaient déjà à l’aspirine

L’environnement végétal des hommes de Néandertal en Espagne a même permis à ces derniers de se soigner, ajoutent les chercheurs. Ils ingéraient par exemple des antibiotiques naturels ainsi qu’une plante rentrant dans la composition de l’aspirine.

Ce constat surprenant est venu de l’étude du tarte dentaire d’un jeune adulte néandertalien trouvé dans la grotte d’El Sidron. Il souffrait d’un abcès dentaire, encore visible sur sa mâchoire, et était aussi affecté par un parasite intestinal qui provoque des diarrhées sévères. Cet homme malade mangeait du peuplier, dont les bourgeons sont « réputés pour contenir des concentrations élevées d’anti-inflammatoires ou antalgiques, comme notamment la salicine« , métabolisée en acide salicylique (aspirine) par notre foie, explique Bastien Llamas, co-auteur de l’étude. « Apparemment, les hommes de Néandertal connaissaient bien les plantes médicinales, leurs propriétés anti-inflammatoires et anti-douleur et semblent s’être automédiqués« , déclare Alan Cooper, directeur du Centre Australien pour l’ADN ancien (ACAD) de l’Université d’Adélaïde.

 

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