En France, le ministre de l’Éducation envisage de retirer les allocations aux parents d’élèves violents

En France, le ministre de l’Éducation envisage de retirer les allocations aux parents d’élèves violents

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Jean-Michel Blanquer, ministre français de l'Éducation nationale. | © LUDOVIC MARIN / AFP.

Société

Une mesure qui va à coup sûr faire beaucoup du bruit.

Le parfum de polémique pointe déjà le bout de son nez alors qu’un groupe de travail planche sur le dossier. En France, le ministère de l’Éducation nationale propose de cesser le versement des allocations familiales pour les parents d’élèves violents, a révélé Le Parisien ce mercredi. Pour justifier cette mesure qui fait déjà jaser et qui s’inscrit dans le cadre d’un plan de lutte contre les violences scolaires, le mot d’ordre est de « responsabiliser les parents », comme rapporte le HuffPost, qui a contacté le ministère.

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Pour mettre en place cette mesure, une liaison serait assurée entre la caisse d’allocations familiales et l’inspection académique, qui se verrait remonter les dossiers par les établissements scolaires. La sanction correspondrait au montant des dommages en cas de dégradations matérielles. Une idée qui rejoint les propos du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, au micro d’Europe 1, le 16 décembre dernier. « Toutes les possibilités sont sur la table. Ça peut être une amende par exemple », avait-il alors avancé.

Des doutes sur l’efficacité d’une telle mesure

Les réactions ne se sont évidemment pas faites attendre. « De quel comportement d’élèves parle-t-on ? Est-ce que c’est un comportement au sein de l’établissement ou à l’extérieur de l’établissement ? », s’est interrogé Philippe Vincent, secrétaire général du premier syndicat de chefs d’établissements (Snpden), au micro d’Europe 1, ce jeudi matin. « Ça interroge, car autant au sein de l’établissement on peut imaginer qu’il y ait un repérage, autant à l’extérieur ça paraît beaucoup plus compliqué à mettre en oeuvre (…). On a du mal à imaginer un rapport direct entre un soutien financier à une famille qui éprouve des difficultés financières et le comportement d’un jeune, fut-il violent par ailleurs ».

Le dispositif s’inspire notamment de la loi Ciotti, une loi datant de 2011 qui suspendait les prestations sociales pour les élèves trop absents. Supprimée en 2013, elle avait donné lieu à 80 000 signalements et 619 allocations suspendues entre 2011 et 2012, selon Le Parisien.

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Cette mesure intervient dans la foulée de deux troubles en milieu scolaire. L’agression, avec une arme factice, d’une enseignante par un lycéen de Créteil en octobre 2018. Et les menaces proférées à un professeur par un jeune homme armé, dans l’enceinte d’un lycée de Caen en décembre dernier.

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