Une nouvelle vidéo clarifie l’incident entre le vétéran amérindien et les étudiants pro-Trump

Une nouvelle vidéo clarifie l’incident entre le vétéran amérindien et les étudiants pro-Trump

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La première vidéo ne prenait pas le contexte de tension en compte. | © Capture d'écran Twitter

Société

Lors d’une manifestation à Washington, vendredi 18 janvier, des étudiants portant la casquette « Make America Great Again » semblaient se moquer d’un vétéran amérindien venu défendre sa culture. Filmée, la scène a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux, avant d’être démentie par une nouvelle vidéo. 

Update : Cet article (préalablement publié le 20 janvier 2019) a été mis à jour le 23 janvier après la publication d’une nouvelle vidéo sur l’altercation entre les jeunes étudiants et le vétéran amérindien.

La Marche des peuples autochtones avait lieu ce vendredi 18 janvier. Une première à Washington, rassemblant des milliers de personnes venues défendre les droits et la culture des tribus amérindiennes. Publiée sur les réseaux sociaux, une première vidéo montrait un vétéran amérindien de la guerre du Vietnam jouant du tambour, entouré et ridiculisé par un groupe de jeunes trumpistes, arborant fièrement la casquette fétiche du président américain. Un étudiant en particulier se tient face à Nathan Phillips, le fixant dans les yeux pendant que l’homme ne se laisse pas déstabiliser et continue à chanter. Pendant ce temps, ses camarades rient, sautent et chantent, plus forts que les chants des Amérindiens. Sans contexte, cette vidéo a rapidement été interprétée comme « de l’irrespect, de la haine et de l’intolérance », pour reprendre les mots de la membre du Congrès démocrate Deb Haaland, amérindienne de la tribu Laguna Pueblo du Nouveau-Mexique sur Twitter. 

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Mise au point

Dimanche, une nouvelle vidéo de cette scène qui a indigné le monde entier émergeait, lui donnant un contexte plus large et différent. En réalité, trois groupes étaient rassemblés ce jour-là : les Amérindiens pour la Marche des peuples autochtones, les étudiants de l’école catholique Covington à Park Hills qui étaient à Washington pour un rassemblement anti-avortement, ainsi que des hommes noirs qui se sont identifiés comme Israélites hébreux, prêchant leurs croyances et criant des commentaires racistes aux Amérindiens et aux étudiants, selon des témoins cités par le New York Times.

Si Nathan Phillips semblait être entouré des étudiants moqueurs, le vétéran amérindien a précisé qu’il s’était lui-même approché de la foule et qu’il était intervenu parce que les tensions raciales – principalement entre les étudiants blancs et les hommes noirs – arrivaient « à un point de non-retour ». « Je me suis interposé pour prier », déclare l’homme de 64 ans. Interrogé par CNN, l’étudiant qui se tenait face au vétéran, Nick Sandmann, a souligné qu’il essayait de désamorcer une situation tendue, avant de démentir toutes insinuations d’actes racistes ou haineux. « Je ne faisais pas intentionnellement des grimaces au manifestant. À un moment donné, j’ai souri parce que je voulais qu’il sache que je n’allais pas me mettre en colère, être intimidé ni être provoqué dans un affrontement plus important », clarifie le jeune étudiant. « Je suis un chrétien fidèle et catholique pratiquant. et j’essaie toujours d’être à la hauteur des idéaux que me confère ma foi : rester respectueux des autres et ne rien faire qui puisse conduire à un conflit ou à la violence ».

« Fake news »

Après cette mise au clair, les conservateurs ont affirmé que les étudiants ont été critiqués hors contexte, tandis que ceux affiliés à la Marche des peuples autochtones estimaient que la combinaison de la taille du groupe, de son comportement et de son habillement politique était menaçante, rapporte le journal new-yorkais. C’est vrai que les partisans de Donald Trump et le président américain lui-même n’ont pas toujours été tendres avec les Amérindiens. Récemment, le Républicain appelait la sénatrice Elizabeth Warren « Pocahontas » devant des vétérans amérindiens.

Sur Twitter, après plus d’un mois de shutdown, le président américain a également commenté l’affaire, en évoquant directement la manipulation des médias par des « fake news ». « Nick Sandmann et les étudiants de l’école catholique Convington sont devenus les symbole des fake news et et de ce que cela peut faire de mal. Ils ont captivé l’attention du monde et je sais qu’ils l’utiliseront pour le bien – peut-être même pour rassembler les gens ». 

Après la diffusion de cette nouvelle vidéo, l’activiste Shar Yaqataz Banyamyan, Israélite hébreu, a déclaré que leurs paroles avaient été interprétées à tort comme haineuses et que les élèves se moquaient bien d’eux. « Je sais que nous semblons agressifs en lisant la Bible, mais la Bible stipule que nous devons pleurer à haute voix et ne pas épargner les sentiments de qui que ce soit », a-t-il expliqué. « Nous ne sommes ni violents ni ignorants ».

Selon l’un de ses parents, un étudiant de l’école catholique aurait expliqué de son côté que son groupe criait des chants de leur école pour couvrir le « harcèlement » des activistes, rapporte le New York Times. Ce parent et les étudiants ont nié ce qu’avait affirmé Nathan Phillips : ils n’auraient pas crié « construisez ce mur ». Pourtant, dimanche, un porte-parole du mouvement des peuples autochtones a déclaré que lui aussi avait entendu ce slogan, cri de ralliement des partisans de Trump.

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