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En Syrie, Paris Match a rencontré le djihadiste français Quentin Le Brun

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Le 28 janvier, chez eux, à Labastide-Rouairoux, Véronique et Jacques Le Brun, les parents de Quentin, découvrent sur leur ordinateur des photos de leur fils prises par notre reporter en Syrie. | © Frédéric Lafargue / Paris Match.

Société

Nos envoyés spéciaux Nicolas Delesalle et Frédéric Lafargue ont retrouvé en Syrie Quentin Le Brun, peu avant qu’il ne se rendre aux soldats des Forces démocratiques syriennes. Il fera peut-être partie des 130 djihadistes rapatriés en France.

D’après un article Paris Match France de Grégory Peytavin

En novembre 2014, la France et le monde découvraient le regard bleu acier de Quentin Le Brun, alias Abou Osama Al-Faransi et sa morgue menaçante. L’enfant de Labatide-Rouairoux dans le Tarn scandait des appels au djihad dans une vidéo glaçante de propagande de l’État islamique, une Kalachnikov posée sur l’épaule, au côté d’autres combattants français. C’était près de deux mois avant le massacre de Charlie Hebdo. Daech semblait avoir trouvé là un acteur parfait pour déverser toute sa haine au monde occidental. C’est la dernière fois que les Français croisaient le regard bleu clair de Quentin Le Brun.

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Connu des services de police dans sa jeunesse, pour des faits de violence et des délits routiers, il a sombré peu à peu dans la radicalisation. Proche des frères Clain, ceux qui revendiqueront plus tard les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, il intègre une filière djihadiste toulousaine qui partira en Syrie pour instaurer l’État islamique. Quatre ans plus tard, le califat qui faisait trembler le monde s’est réduit à une poche de combattants égarés aux confins de la Syrie, près de Deir-Ez-zor, à quelques kilomètres de la frontière irakienne. Là-bas tout n’est plus que mort, poussière et silence. C’est là, au milieu d’un reg aride que nos envoyés spéciaux, Nicolas Delesalle et Frédéric Lafargue, ont retrouvé Quentin Le Brun.

Les parents de Quentin espèrent le retour de ce fils perdu

La barbe hirsute, un bonnet sale recouvrant ses arcades et son regard bleu clair, Quentin Le Brun est apparu hagard au milieu d’une horde de 2000 ombres, surgies de Baghouz, le dernier carré de Daech sur les rives de l’Euphrate, à cinq heures de marche. Son épouse française, Meryem, couverte d’un niqab noir, et ses quatre enfants le précédaient de quelques centaines de mètres parmi un groupe de femmes. Encore libre de parler, dans un entre-deux mondes juridique, quelques minutes avant de se rendre aux soldats des Forces démocratiques syriennes, il a livré son histoire, sa conversion, son embrigadement, sa quête absurde d’un idéal barbare, son départ pour la Syrie, sa vie de propagandiste de Daech, les combats … jusqu’au crépuscule de l’État islamique.

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C’est un témoignage exclusif et exceptionnel recueilli par nos reporters. À des milliers de kilomètres, dans leur village du Tarn à Labastide-Rouairoux, les parents de Quentin, qui ont reçu Nicolas Delesalle et Frédéric Lafargue, espèrent à présent le retour de ce fils perdu, alors même que la France vient d’annoncer le rapatriement afin d’être jugés de 130 djihadistes partis combattre au Levant.

Retrouvez le reportage exclusif dans le dernier numéro de Paris Match Belgique, disponible en librairie ce jeudi 31 janvier.

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