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Pourquoi la gueule de bois vous donne aussi des angoisses

gueule de bois

Sur nos peurs et nos angoisses, l'alcool possède un effet particulièrement traître. | © Unsplash / Naomi August

Société

En plus de créer toute une série de maux dans le corps, l’alcool joue également de mauvais tours à notre cerveau.

 

Fatigue, nausées, migraines, vertiges, perte d’appétit… Les symptômes de la gueule de bois sont nombreux et à chaque fois qu’on les ressent, on se promet pourtant de ne plus jamais recommencer. Car quand le corps tente (péniblement) d’éliminer l’alcool qui la veille a coulé à flot dans nos veines, certains le payent parfois plus cher psychologiquement que physiquement.

Que ceux dont le coeur s’emballe ou l’esprit divague après une soirée trop arrosée soient prévenus. En plus de créer toute une série de maux dans le corps, l’alcool joue également de mauvais tours à notre cerveau.

Le(s) verre(s) de trop

En français, difficile de trouver la bonne expression qui traduirait ce que les anglophones appellent l’hangxiety (contraction des mots hangover, pour gueule de bois et anxiety, pour anxiété). Interrogé par The Guardian, David Nutt – professeur en neuropsychopharmacologie à l’Imperial College de Londres – attire l’attention sur les angoisses qui peuvent survenir après une biture.

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Son analyse suggère que sur nos angoisses, l’alcool possède un effet particulièrement traître. En ciblant nos récepteurs GABA, censés calmer le cerveau et réduire le taux d’excitation dans les neurones, il fait disparaître le moindre sentiment de stress. « C’est la raison pour laquelle vous êtes détendu et souriant quand vous avez bu un ou deux verres », explique-t-il. Au troisième ou au quatrième verre, l’alcool commence à ralentir l’activité cérébrale et bloquer le glutamate, principal émetteur d’excitation. Sans glutamate, difficile d’être stressé ou angoissé. Dès lors, les personnes complètement ivres se sentent comme sur un nuage dénué de toute anxiété. Du mois c’est ce qu’elles croient.

alcool anxiété
© Unsplash / Sholto Ramsay

Peur, trous noirs et épilepsie

Le corps étant bien fait – comme lorsque l’on mange trop de sucre et qu’il lutte naturellement pour rééquilibrer la balance et éviter de faire exploser notre taux de glycémie -, il s’attèle en période d’ivresse à maintenir les niveaux de GABA et de glutamate à la normale, en diminuant la dose du premier et augmentant celle du second. Quelques heures après avoir cessé de boire, la machine toujours en route génère donc une baisse trop importante de GABA et une hausse considérable de glutamate, créant alors un trop-plein d’anxiété, « donnant parfois lieu à des crises d’épilepsie », avertit l’expert.

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Pendant un à deux jours, le cerveau est déstabilisé. La peur et la nervosité vous habitent, notamment si vous êtes victime du black-out, cette impression désagréable de ne plus se rappeler ce qu’on a dit ou fait après une méchante cuite. Car comme le résume Slate, trop d’alcool bloque la production de glutamate, essentiel à la formation des souvenirs. Sans lui, c’est la porte ouverte aux trous noirs. Vous y penserez, lors de votre prochaine soirée.

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