Comment les dates de péremption nous font gaspiller des kilos de nourriture

Comment les dates de péremption nous font gaspiller des kilos de nourriture

gaspillage alimentaire

Un quart des consommateurs indique ne jamais consommer leurs produits une fois la date de péremption dépassée. | © Unsplash / Sylvie Tittel

Société

Mal comprise par la plupart des consommateurs, la date limite de consommation est l’une des causes principales du gaspillage alimentaire, pointe un nouveau rapport.

 

« Selon la Commission Européenne, les dates de péremption sont responsables de 20 % du gaspillage alimentaire dans les foyers et sont la plus grosse source de gaspillage dans la grande distribution. Globalement, les dates
de péremption représentent 10 % du gaspillage alimentaire en Europe, soit une valeur comprise en 3 et 6 milliards d’euros tout au long de la chaîne alimentaire. »

Avec ces chiffres à l’appui, l’association France nature environnement (FNE) et l’application Too Good To Go frappent fort. Ensemble et à travers la publication d’un livre blanc, ces deux acteurs de l’environnement questionnent l’utilité des dates de péremption et appellent à modifier leur fonctionnement afin de réduire le gaspillage alimentaire.

Source de confusion

Relayé par Le Parisien ce lundi, le guide intitulé « Les dates de péremption, une idée dépassée ? » pointe les limites de la date de durabilité minimale (DDM) affichée sur tous les produits alimentaires périssables. Celle-ci répond à trois objectifs, présente le rapport : assurer la sécurité alimentaire, assurer la qualité nutritive et organoleptique des produits et permettre la traçabilité de ces derniers tout au long de la chaîne alimentaire. Plurielles, aléatoires, les dates de péremption manquent cependant de légitimité auprès du consommateur, soulignent les auteurs du guide. À force d’être mal expliquées (et mal comprises), elles deviennent « une source de confusion » ainsi que l’une des causes principales du gaspillage alimentaire.

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« Le choix du législateur d’employer la dénomination ‘Date de Durabilité minimale / À consommer de préférence avant le/fin’ pour une date se rapportant à la qualité du produit crée la confusion chez le consommateur, qui l’assimile à une date limite à ne pas dépasser », écrit le rapport qui souligne la différence entre des mentions qui n’ont pas le même sens. Quand votre pot de confiture indique : « À consommer de préférence avant le 20 février 2019 », cela signifie qu’après cette date, le produit perd certaines de ses vertus (goût, aspect) sans pour autant présenter de risque pour la santé, indique Le Parisien. « À consommer jusqu’au 20 février 2019 » signifie en revanche que le produit peut présenter des risques pour la santé du consommateur, une fois la date indiquée dépassée.

date péremption
Un quart des consommateurs indique ne jamais consommer leurs produits une fois la date de péremption dépassée. © Unsplash / Charles 🇵🇭

Faire confiance à ses sens

Comme le rapporte quotidien parisien, 53% des consommateurs ne comprennent pas ces mentions. Raison pour laquelle un quart d’entre eux indique ne jamais consommer leurs produits une fois la date de péremption dépassée, tandis qu’un autre quart (26 %) va jusqu’à jeter les produits un jour avant la date de péremption. « Il est temps que les consommateurs fassent confiance à leurs sens : le visuel, l’odeur et le goût du produit », écrit le rapport. « Prenez un comté, si vous l’achetez dans un supermarché, il est assorti de cette DDM. Si vous allez dans une fromagerie, vous vous fierez à vos sens. Preuve qu’on sait le faire. »

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Dans leur lutte contre le gaspillage alimentaire, la FNE et Too Good To Go proposent de réviser les dates de péremption pour en faire un véritable indicateur sanitaire et durable fiable. Leur livre blanc suggère ainsi d’ajouter un jour supplémentaire sur la durée de vie des produits, ce qui permettrait de « réduire le gaspillage alimentaire de 170 000 kg par an, avec un gain financier de 350 000 euros » pour les consommateurs.

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