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Fille et enfant soldat, la double peine

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L'UNICEF aide les enfants soldats à réintégrer la société. | © Stefanie Glinski / AFP

Société

Selon un rapport de l’ONU, 250 000 enfants dans le monde sont impliqués dans des conflits armés et presque la moitié sont des filles. En plus d’être victimes de violences, les filles n’osent pas parler et vivent leurs traumatismes, oubliées de tous.

 

« Ils ont forcé la mère à tuer ses propres enfants. Ensuite, le père a dû tirer sur la mère. Et après, ils m’ont dit de tuer le père. Je l’ai fait ». Ce témoignage, c’est celui de Marie (nom d’emprunt) qui raconte les larmes aux yeux ses années passées en tant qu’enfant soldat au Soudan du Sud. Elle avait tout juste 8 ans quand elle s’est fait enlever avec son frère par un groupe armé. Durant la première semaine, Marie et son frère étaient encerclés par des barbelés pour les dissuader de s’échapper. Elle a rapidement été formée au maniement des armes à feu afin de prendre d’assaut des villages. Le groupe armé la forçait à piller et tuer.

Enfant soldat, Unicef
Marie, au Soudan du Sud, dans un centre de transit de l’UNICEF, a récemment été libérée d’un groupe armé. ©UNICEF/UN0202124/Rich

L’UNICEF a recueilli différents témoignages d’enfants soldats, dont l’histoire de Marie qui a aujourd’hui 16 ans. Bien que l’on ait en tête l’image de jeunes garçons portant des armes, il faut savoir que beaucoup de filles sont aussi concernées par cette réalité. Elles représentent 40 % des enfants soldats. Souvent violées, elles hésitent à se faire connaître, par peur d’être rejetées par leurs familles. Il faut bien évidemment prendre les différents chiffres avec des pincettes, sachant que ce sont des estimations, mais que la situation pourrait être bien pire.

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Sensibiliser l’opinion publique

Comme chaque année, le 12 février est l’occasion d’attirer l’attention de l’opinion publique à la cause des enfants soldats. Selon un rapport de l’ONU datant de 2018, ils seraient encore 250 000 enfants à être impliqués dans des conflits armés. Certains enfants sont enrôlés par des groupes armés non étatiques (comme l’Armée démocratique du Soudan, ou Boko Haram au Nigeria), mais certains pays continuent encore à recruter des enfants dans leurs forces armées (comme le Yémen, la Syrie, le Soudan, la Somalie, le Nigeria…). Les Nations Unies rapportent que 23 pays seraient concernés par ce problème.

La plupart des enfants soldats sont des orphelins. ©EPA PHOTO/AFP FILES/KITTIWONGSAKUL

Selon la définition établi par l’ONU, un enfant soldat est un « être humain âgé de moins de 18 ans » qui est impliqué de manière directe ou indirecte dans des conflits armés. Ils ne portent pas forcément des armes, ils peuvent aussi servir à transmettre des messages, à porter le matériel, ou encore être des esclaves sexuels. Bien évidemment, cet enrôlement n’est pas sans séquelles pour les enfants qui subissent de lourdes conséquences physiques et psychologiques.

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Plusieurs associations comme l’UNICEF s’occupent de libérer les enfants soldats, et de les aider à se réinsérer dans la société (en ayant un accès à l’enseignement, à une formation professionnelle, à un emploi…). Grâce à ses différentes actions, l’UNICEF a permis à plus de 100 000 enfants d’être libérés depuis 1998.

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