Paris Match Belgique

Lutter contre l’utilisation des enfants soldats sans bouger de son canapé

enfants soldats

L'enfant soldat est loin de se résumer au petit garçon africain avec une kalachnikov dans les mains. | © Capture d'écran Facebook/WAPA International

Société

Ce 12 février, journée internationale de lutte contre l’utilisation des enfants soldats, l’asbl WAPA organise un Live Facebook durant près de quatre heures pour sensibiliser à cette cause encore méconnue. 

Un événement à ne pas manquer, sans bouger de son canapé. À l’occasion de la journée internationale de lutte contre le recrutement et l’utilisation des enfants soldats, l’association WAPA International (War-Affected People’s Association), fondée en 2013, lance un Live Facebook inédit et invite de multiples comédiens, humoristes, musiciens et conteurs pour sensibiliser à cette problématique qui touche le monde entier. Au programme : coup d’envoi de Myriam Leroy, stand-up de l’hilarant Guillermo Guiz, live session de Sonnfjord, Atome, Juicy, et bien d’autres. Sans oublier les interventions de WAPA et de la Croix-Rouge. En joignant l’utile à l’agréable, l’association va mettre en lumière la problématique des enfants soldats durant un live de 3h30 sur sa page Facebook. « Une problématique méconnue et essentielle pour WAPA », souligne la co-fondatrice de l’asbl basée à Braine-L’Alleud, Solveig Vinamont.

Lire aussi > Journée des enfants soldats : l’asbl WAPA met en lumière les Belges qui se mobilisent

« Lorsqu’on parle d’enfants soldats, on a souvent en tête un petit garçon africain, qui a une dizaine d’années et qui porte une kalachnikov. La réalité est tout autre. On retrouve des enfants soldats dans le monde entier, dans quatre régions du monde, il y a 40 % de filles et surtout les enfants soldats ne sont pas uniquement utilisés comme combattants, mais aussi comme porteurs, cuisiniers, esclaves sexuels, etc », affirme la co-fondatrice de l’association qui lutte depuis près de six ans en faveur des (ex-)enfants soldats et des victimes de conflits armés en Ouganda, au Sri Lanka et en Colombie. Preuve que la problématique des enfants soldats s’étend bien au-delà des frontières africaines. « En Europe aussi on a des enfants soldats ! C’est un fléau qui a touché tous les continents, sans exception ». 

TODAY / 6 PM / LIVEBecause children should hold toys, not weapons.©️ Martin Ellis photography

Publiée par WAPA International sur Mardi 12 février 2019

« Wapathon »

Avec ce Live Facebook, l’association WAPA cherche avant tout à sensibiliser le public à cette problématique. Mais c’est également l’occasion de parler de leur prochaine campagne : Essential by WAPA. « Qu’est ce qui est essentiel pour nous, nos besoins primaires ? On se rend compte que ce sont en fait les mêmes ailleurs dans le monde », tease Solveig Vinamont, alors que la campagne sera détaillée vers 21h. « Si on peut récolter des fonds et principalement des ordres permanents, en plus de la sensibilisation, ce sera vraiment réussi ». L’idée de ce rendez-vous sur les réseaux sociaux leur est venue fin décembre. « Une sorte de Wapathon », plaisante la co-fondatrice en reprenant le terme lancée par sa collègue Véronique Cranenbrouck. « BX1 et le Point Culture ont accepté directement de devenir partenaires de cet événement et c’est pour ça que ça a pu être possible. On a commencé à discuter réellement de cet événement vers la mi-janvier, donc c’est un événement réalisé en moins d’un mois ». Gros challenge, du coup. « C’est assez dingue ! »

L’ampleur du fléau

Selon les chiffres officiels de l’ONU, il existe entre 250 000 et 300 000 enfants soldats « dont 40% de filles », insiste Solveig Vinamont, à travers le monde. Un nombre qui laisse la militante plutôt perplexe. « C’est un chiffre que je veux vraiment prendre avec des pincettes, parce que c’est impossible à calculer. Comme c’est une pratique totalement illicite, il est clair qu’aucun chef rebelle ne va diffuser le nombre d’enfants qui sont dans ses troupes. On sait qu’ils sont des centaines de milliers », affirme-t-elle avant d’ajouter : « Tenons cette estimation pour comprendre l’ampleur de la problématique, mais ça pourrait être trois fois pire ».

Rendez-vous à 18h sur la page Facebook de l’association pour en savoir plus sur cette problématique méconnue.

CIM Internet