56 black men : Et si on parlait des hommes noirs qui ne sont ni bourreaux ni victimes

56 black men : Et si on parlait des hommes noirs qui ne sont ni bourreaux ni victimes

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Cephas Williams est le créateur de la campagne. | © @56blackmen/Instagram

Société

Ils sont des hommes, leur peau est noire et ils sont habillés d’un pull à capuche noir. Ils sont architectes, pilotes, traducteurs, community manager, nutritionnistes, psychologues ou parlementaires et ils font partie de 56 Black Men, un groupe d’hommes qui a décidé de lutter contre les stéréotypes raciaux.

« Et si on parlait de 56 hommes noirs qui ne s’entretuent pas », c’est ainsi que commence Cephas Williams lorsqu’il tease son nouveau projet : 56 Black Men, une campagne qui vit principalement sur les réseaux sociaux et qui dénonce les stéréotypes raciaux concernant la communauté noire. « La campagne veut remettre en question le stéréotype de l’homme noir et de toutes les connotations négatives stigmatisantes qui vont avec l’image d’un homme noir portant un pull à capuche », explique le jeune homme. Lui, il est architecte. À la fin de l’année dernière, il a lancé un appel pour prendre en photo 56 hommes habillés d’un pull à capuche et travaillant dans des domaines différents. Eux sont pilotes, traducteurs, community manager, nutritionnistes, psychologues ou encore parlementaires. Le but ? Représenter les milieux dans lesquels ces hommes travaillent et sortir des stéréotypes qui les rangent dans des cases « en général la musique, les sports ou les idées de violence », histoire de casser les clichés et de mettre en avant les individus qui en pâtissent.

« Chaque fois que je vois une représentation de moi dans les médias, la plupart du temps c’est pour parler d’une victime de violences ou un auteur de violences. Et cette image de jeunes hommes noirs a sa place dans plusieurs formes de médias. Des images de violences. Des images négatives », explique-t-il dans une vidéo. En Amérique, les exemples d’hommes noirs tués par des policiers (ou non) sont légion. « Je peux vous citer tellement d’hommes noirs que je connais et qui font des choses positives. Malheureusement, ces hommes ne sont jamais montrés », explique-t-il dans une tribune.

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Dans la campagne 56 black men, tous les clichés sont les mêmes : un portrait d’un homme noir dans un hoodie noir. Pas de sourire. Pas d’émotion. Juste le visage brut qui regarde droit dans l’objectif comme pour nous interpeller. « Défendant l’idée que ‘je ne suis pas mon stéréotypes’, la campagne cherche à remettre en question les idées préconçues générales sur ‘l’homme noir’ ainsi que les connotations négatives qui nous sont attachées. La direction artistique derrière la série de photos visait à faire une déclaration audacieuse en montrant des hommes noirs portant des pulls à capuche – une image généralement décrite comme menaçante – tout en présentant des descriptions positives de leur travail et de leurs réalisations. Cela donne aux hommes et aux garçons noirs de la communauté une image à laquelle ils peuvent s’identifier et qui est finalement affichée sous un jour positif ».

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Les 56 volontaires pris en photo. © @56blackmen

Parmi eux se trouve David Lammy, un membre du parlement du Royaume-Uni. Il s’est exprimé dans The Guardian de manière très personnelle concernant sa participation au projet. « Il présente de puissantes photographies d’hommes noirs en sweats à capuche de tous les horizons. Le projet ne nous demande pas de réfléchir à ce qu’il y a en dehors de la capuche mais à ce qu’il y a en dessous (…) Il dévoile des dimensions importantes de leurs histoires – nos histoires – qui sont largement inconnues dans l’actuel récit déformé des vies des noirs. Point crucial, la campagne dépasse le mantra simpliste du ‘tous les noirs ne portent pas de pull à capuche’. » 

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Exemples de la campagne. © @56blackmen

À ses côtés se trouve aussi William Adoasi, un entrepreneur de Peckham, dans le sud de Londres. Selon lui, la campagne est puissante « parce qu’elle explique à la génération future que les gens, même ceux qui ne viennent pas d’un milieu facile, se débrouillent très bien », raconte-t-il à la BBC. Il y a ces 56-là, et tous les autres.

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