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Bruxelles s’engage contre les actes homophobes

LGBT

L'objectif est d'avoir une vue plus précise des actes homophobes et transphobes en région bruxelloise. | © Pixabay

Société

En partenariat avec la Rainbouw House, la Région bruxelloise lance un projet de collecte de données relatives aux violences et discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Ce jeudi, la région de Bruxelles-capitale a annoncé qu’elle allait lancer un grand projet contre les violences ou les discriminations liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Bruxelles s’engage ainsi concrètement contre les actes homophobes mais pas seulement : le projet vise toutes les victimes de LGBTQI+-phobie qui pourront maintenant signaler anonymement les violences ou les discriminations dont elles sont victimes via la Rainbow House. L’objectif ? Établir l’ampleur du phénomène grâce aux données que Bruxelles Prévention & Sécurité et equal.brussels pourront récolter. L’intérêt sera, à terme, de pouvoir formuler des recommandations aux autorités compétentes.

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La discrimination et la violence fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sont une réalité dans la Région bruxelloise. Malheureusement, les données concrètes à ce sujet restent limitées, tant qualitativement que quantitativement et, ce, pour plusieurs raisons : manque de signalement par les victimes, non prise en compte du motif homophobe ou transphobe lorsque l’incident est signalé, etc.

Lutter contre le « chiffre noir »

La différence entre les faits enregistrés par les autorités et les faits rapportés par le tissu associatif bruxellois prouve qu’il y a un fossé entre les données récoltées. En 2017, par exemple, seuls 38 procès-verbaux ont été dressés pour des motifs de « discrimination fondée sur l’orientation sexuelle (homophobie) », d’après les statistiques policières de criminalité. Du côté des associations qui gravitent autour de la Rainbow House, pourtant, on affirme recevoir de nombreux témoignages de victimes qui n’ont jamais été enregistrés. Ces faits non déclarés et donc non recensés par la police constituent ce fameux « chiffre noir » qui laisse un certain flou autour de l’ampleur de la situation. « Les données rassemblées – grâce au projet unique mené par l’Observatoire Bruxellois pour la Prévention et la Sécurité et equal.brussels – vont nous fournir des informations importantes pour l’orientation de nos politiques », explique le Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort.

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Ce nouveau projet vise donc à établir une image plus fiable des actes homophobes et transphobes en Région bruxelloise. Pour ce faire, deux éléments ont été imaginés. D’abord, une fiche de signalement d’incident LGBTQI+-phobe pour collecter de manière quantitative et anonyme des données sur les faits qui se produiront en 2019. Ensuite, une fiche pratique renvoyant vers les services d’assistance aux victimes existants et invitant à porter plainte auprès de la police et à contacter les instances officielles chargées de recueillir les signalements de discrimination et d’accompagner les victimes (Unia et l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes – IEFH). Le tout a été créé en collaboration avec de nombreux partenaires du milieu, histoire d’impliquer l’ensemble des acteurs de la chaîne de la prévention et de la sécurité.

La phase pilote du projet est lancée dès aujourd’hui. Dans un deuxième temps, les données collectées feront l’objet d’une première analyse à la fin de l’année. Les résultats obtenus ainsi que les suites à donner à ce projet novateur seront alors discutés. Et que vous soyez témoin ou victime de toute sorte de violence, toutes les informations pour réagir sont disponibles sur le site internet signalelaviolence.brussels.

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