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Qui était Mehdi Nemmouche avant d’être reconnu coupable d’assassinats terroristes ?

Nemmouche

Le procès a duré deux mois. | © BELGA PHOTO IGOR PREYS

Société

Le verdict est tombé. Après deux mois de procès et deux jours de délibérations, Mehdi Nemmouche, accusé d’être l’auteur de l’attentat du musée juif du 24 mai 2014, a été reconnu coupable de quatre assassinats terroristes. Il risque la réclusion à perpétuité.

Ces deux derniers mois ont été intenses du côté de la place Poelaert. Le 7 janvier dernier s’ouvrait à la cours d’assises de Bruxelles, le procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux français accusés d’être auteur et co-auteur de l’attentat du musée juif qui s’est déroulé le 24 mai 2014 à Bruxelles et qui a fait quatre morts. Après plusieurs rebondissements, dont la défense scabreuse des avocats de Mehdi Nemmouche qui soutenaient que leur client avait été piégé, le verdict a été prononcé ce jeudi soir. Le jury a décidé de suivre l’accusation et a reconnu Mehdi Nemmouche coupable de quatre assassinats terroristes, pour les quatre personnes décédées lors de l’attentat du musée juif. Le Marseillais Nacer Bendrer, 30 ans, a été condamné comme co-auteur par la cour d’assises de Bruxelles. Il était accusé d’avoir fourni des armes à Mehdi Nemmouche. Le jury a estimé qu’il lui avait donc fourni une aide importante. Les jurés étaient entrés en délibération mardi midi et sont réapparus jeudi à 19h20 devant la cour d’assises, et la présidente Laurence Massart a dévoilé leur verdict. Les deux hommes encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

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Qui est Mehdi Nemmouche ?

Le 24 mai 2014, l’attentat du musée juif faisait de Mehdi Nemmouche le premier « returnee » à commettre un attentat en Europe. Il avait 29 ans, son nom de guerre était Abou Omar. En 2013, il avait rejoint la Syrie où il s’était engagé dans les rangs de Daech. À cette époque, l’État islamique était à son apogée et l’auteur de l’attentat comptait bien réitérer ses abominations sur les Champs Élysées le 14 juillet suivant. Heureusement, il est arrêté quelques jours plus tard à Marseille.

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L’auteur de l’attentat du musée juif filmé par les caméras de surveillance. © BELGIAN FEDERAL POLICE/BELGA/AFP

C’est en prison que Mehdi Nemmouche s’est radicalisé. Son adolescence l’a plongé dans la délinquance et l’a emmené plusieurs fois derrière les barreaux. Il est né à Roubaix, près de Lille de père inconnu en 1985. À l’âge de 3 mois, il est abandonné par sa mère et placé en famille d’accueil. Ses condamnations commencent dès l’âge de 14 ans, lorsqu’il commet son premier cambriolage. À 17 ans il s’installe chez sa grand mère qui le décrit comme « poli, honnête, serviable et respectueux », qui « ne se droguait pas, ne buvait pas, ne fumait pas ». Ses parents adoptifs, eux, le décrivaient comme « incontrôlable » et « capable du meilleur comme du pire ». Entre décembre 2007 et décembre 2012, Nemmouche passe cinq ans derrière les barreaux dans le sud de la France et il se radicalise progressivement.

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En 2012, sa radicalisation religieuses est signalée. Il a 27 ans. Quand sa grand-mère l’accueille de nouveau fin 2012, il porte la barbe et fait la prière. Du jamais vu pour elle. Il prend très vite le chemin de la Syrie pour rejoindre un groupe de combattants étrangers, rapporte l’AFP. Une fois installé aux côtés de Daech, il est soupçonné d’avoir retenu quatre journalistes français en otage. Deux d’entre eux ont témoigné lors de son procès, racontant les sévices que leur geôlier leur faisait endurer et sa « capacité de violence ». Se définissant lui-même comme « un nettoyeur ethnique musulman », d’après l’un des otages, Mehdi Nemmouche ne cachait pas son admiration pour Mohamed Merah, qui en 2012 avait assassiné sept personnes dans le sud de la France, dont trois enfants et un père juifs, explique l‘AFP.

Le débat sur les peines qui seront infligées à Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer devraient avoir lieu lundi.

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