Au fond, qu’est-ce qui a vraiment changé depuis le 8 mars dernier ?

Au fond, qu’est-ce qui a vraiment changé depuis le 8 mars dernier ?

droits des femmes

La lutte est quotidienne. | © Lucia/Unsplash

Société

En cette journée du 8 mars, les publications concernant les femmes, leurs droits, leurs combats, leurs situations et leurs histoires fleurissent un peu partout. Chaque année, une journée est consentie pour se rappeler partout dans le monde que les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes droits. Mais concrètement, chaque année, est-ce qu’il y a quelque chose qui change ?

C’est la journée des droits des Femmes. Chaque année, le 8 mars, nos réseaux sociaux sont inondés de publications concernant les femmes, leurs droits, leurs combats, leurs situations ou encore leurs histoires. Chaque année, pendant une journée, le monde redécouvre que les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes. Cela en scandalise certains ou certaines et soudain, le monde entier se dit féministe. Chaque année, c’est la même rengaine : on met les femmes à l’honneur, on se souvient des héroïnes du passé, on dénonce les publicités sexistes et on sort des chiffres sur l’effective inégalité entre les êtres humains masculins et féminins.

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Cette lutte pour l’égalité, elle est relayée dans les médias depuis plus d’un siècle, lorsque les suffragettes, ces femmes qui en avaient marre d’attendre sagement sous le joug de leurs congénères masculins, ont revendiqué à coups d’actions et de provocation le droit de vote pour les femmes en Angleterre. L’histoire féministe remonte aù-delà de 1912 mais depuis un siècle au moins les histoires de femmes qui doivent se battre pour leurs droits est relayé par les médias. Chaque année, ces histoires sont relayées par les médias. On dénonce l’écart salarial, l’absence des femmes dans les plus hautes sphères du pouvoir, le sexisme, les discriminations, les violences, etc. Mais au fond, en ce 8 mars 2019, qu’est-ce qui a vraiment changé depuis cette même date l’année passée ?

Ce qui a changé en 2018

En Belgique, depuis l’année passée, les collèges communaux bruxellois et wallons, ainsi que les collèges provinciaux wallons doivent compter un maximum de deux tiers de personnes de même sexe. À Bruxelles, une ordonnance prévoit en fait la parité complète au sein des collèges communaux. Mais les dérogations sont telles que ce nombre peut changer si on ne compte pas le ou la bourgmestre ou si on prend en compte l’échevin surnuméraire ou non. Résultat, on impose la parité, mais si c’est un tiers, c’est bien aussi. Toujours en ce qui concerne la politique, lors des élections communales et provinciales d’octobre dernier, c’était la première fois que les listes électorales qui se présentaient devaient appliquer le principe de la tirette, c’est-à-dire imposer l’alternance de candidats et de candidates sur les listes.

Par contre, en ce qui concerne l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, la situation est loin d’être au beau fixe. En mars dernier, en Belgique, l’écart de salaire sur une année était toujours de 21 %. Quant aux sphères du pouvoir, à peine un parlementaire sur quatre dans le monde est une femme, rapporte l’UIP (Union Interparlementaire). C’est peu, c’est toujours loin de la parité, mais cela marque néanmoins une progression par rapport à 2017. La part des femmes dans les parlements nationaux a augmenté dans toutes les régions l’an dernier, avec un taux global atteignant 24,3% en 2018, contre 23,4% en 2017. Cette participation était de 18,3% en 2008 et de 11,3% en 1995, expliquait Belga.

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L’IVG reste aussi un combat important, suivant l’idée du « c’est notre corps, c’est notre choix ». En octobre dernier, la Chambre approuvait une loi qui sortait l’IVG du code pénal mais qui ne le dépénalisait pas. Ses promoteurs qualifiait cette nouvelle d’« avancée ». Mais les associations de femmes étaient déçues, espérant notamment que cette révision de la loi aurait pu allonger le délai légal de 12 semaines. À côté de cela, en 2018, il y a encore eu 818 plaintes à l’Unia pour discriminations basées sur le genre. Et cette année seulement, déjà 6 féminicides ont eu lieu en Belgique. En 2018, il y en a eu 35.

En France, l’Académie française s’est exprimée récemment sur la féminisation des noms de métier. Le 28 février, elle a adopté à « une large majorité » un rapport sur la féminisation des noms de métiers soulignant qu’il n’existait « aucun obstacle de principe à la féminisation » des noms de métiers et de professions.

Partout dans le monde les choses bougent. Lentement, certes, mais des changements sont à souligner. Et s’ils ont lieu, c’est parce que le combat pour les droits des femmes est une lutte de tous les jours.

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