5 choses à savoir sur le crash aérien en Ethiopie

5 choses à savoir sur le crash aérien en Ethiopie

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Avec le Kenya, c'est l'ONU qui ressort lourdement endeuillée par cette tragédie. | © Belga / DPA

Société

Dimanche, un Boeing 737 de la compagnie Ethiopian Airlines s’est écrasé dans la région éthiopienne d’Oromia. L’accident n’a fait aucun survivant.

« Le Parlement a déclaré le 11 mars 2019 jour de deuil national pour les citoyens de tous les pays qui ont trouvé la mort dans ce tragique accident. » Les mots du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, rendent hommage aux 157 passagers du Boeing 737 de la compagnie Ethiopian Airlines qui s’est écrasé ce dimanche, alors qu’il effectuait la liaison entre la capitale éthiopienne Addis-Abeba et Nairobi au Kenya.

Alors que le Canada déplore « l’une des pires catastrophes aériennes impliquant des citoyens canadiens », que les enquêteurs de l’Agence éthiopienne de l’aviation civile sont à pied d’œuvre sur les lieux du crash et que la compagnie Boeing s’est déclarée « profondément attristée d’apprendre la disparition des passagers et de l’équipage du vol », retour sur cinq éléments autour de cette tragédie.

Aucun survivant, 157 victimes, 35 nationalités

Le bilan est lourd, très lourd. Peu de temps après son décollage, l’avion de la compagnie Ethiopian Airlines qui transportait 157 passagers s’est violemment écrasé, ne laissant aucun survivant. Selon les chiffres provisoires de la compagnie, les victimes du crash étaient de 35 nationalités différentes. Parmi elles, 32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Ethiopiens, 8 Italiens, 8 Chinois, 8 Américains, 7 Français, 7 Britanniques, 6 Egyptiens, 5 Allemands et 4 Indiens et une Belge, selon les premiers décomptes.

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Avec le Kenya, c’est l’ONU qui ressort lourdement endeuillée par cette tragédie. Comme l’a indiqué une source onusienne, « au moins une vingtaine » des victimes sont « affiliées à l’ONU ». Une minute de silence a ainsi été observée ce lundi, à l’ouverture de la conférence annuelle du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), qui a son siège mondial dans la capitale kényane. «  La tragédie affecte profondément toute la famille de l’ONU », a déclaré dans un communiqué à Genève le directeur de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Antonio Vitorino. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fait part de sa «  tristesse profonde » après la perte de ces vies humaines.

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Une minute de silence a été observée ce lundi, à l’ouverture de la conférence annuelle du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). © UNEP/C. Villemain / UNEP / AFP

Les mots du pilote avant le drame

Si une enquête est toujours en cours pour déterminer les causes de l’accident, la compagnie Ethiopian Airlines a évoqué lors d’une conférence de presse à Addis-Abeba des « difficultés » peu après le décollage. En partance pour Nairobi, le Boing 737 s’est écrasé près de Bishoftu, dans la région d’Oromia, à une soixante de kilomètres au sud de la capitale éthiopienne. « Notre avion a décollé de l’aéroport à 8 heures 38 mais six minutes plus tard, en plein vol, il a eu des difficultés et a disparu des radars », a expliqué le PDG de la compagnie, Tewolde GebreMariam, relayant les indications du pilote de l’avion. “Le pilote a mentionné qu’il avait des difficultés et qu’il voulait rentrer”, a-t-il ajouté. Mais après avoir reçu l’autorisation de faire demi-tour vers Addis Abeba, l’appareil a disparu des radars tandis qu’aucune perturbation liée à la météo n’avait été signalée.

Un modèle d’avion douteux

Flambant neuf, le Boeing 737 MAX avait été livré à Ethiopian Airlines courant 2018. Mais comme le rapporte Franceinfo ce lundi, un appareil similaire de la compagnie indonésienne Lion Air s’était écrasé en mer de Java, faisant 189 morts. Si la cause de cet accident survenu en octobre dernier n’est toujours pas déterminée, la communauté aéronautique avait pointé du doigt « le manque d’information des compagnies et des pilotes sur son nouveau système anti-décrochage », indique le média français. Quant à savoir s’il s’agissait d’une erreur de pilotage – comme ce fut le cas lors du dernier crash d’Ethiopian Airline en 2010 au Liban – la compagnie a fait savoir que le pilote du Boeing 737, Yared Getachew, cumulait plus de 8 000 heures de vol et son copilote, Ahmed Nur Mohammad, plus de 200 heures de vol. Par mesure de sécurité, la compagnie a toutefois pris la décision d’immobiliser toute sa flotte de Boeing 737 MAX jusqu’à nouvel ordre.

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Des personnes ramassent les débris du Boeing 737 qui s’est écrasé près de Bishoftu, dans la région d’Oromia, à une soixante de kilomètres au sud de la capitale éthiopienne. © Michael TEWELDE / AFP

D’autres vols suspendus

24 heures après le crash, la Chine a demandé aux compagnies aériennes chinoises de suspendre les vols de leurs Boeing 737 MAX 8, a rapporté l’agence Belga. Leur utilisation pourra reprendre après confirmation par les autorités américaines et par Boeing « des mesures prises pour garantir avec efficacité la sécurité des vols », a indiqué le Bureau chinois de l’aviation civile dans un communiqué. Citant le crash de dimanche et celui d’un autre appareil de la compagnie indonésienne Lion Air en octobre, il a précisé que la mesure de suspension entrerait en vigueur lundi à 18 heures, heure chinoise.

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Pour la deuxième fois en quelques mois, un Boeing 737 MAX 8 s’est écrasé quelques minutes après son décollage, soulevant de nouvelles questions sur les débuts de cet appareil essentiel pour le constructeur américain. « Compte tenu du fait que les deux accidents aériens concernent des Boeing 737 MAX 8 livrés récemment et qu’ils se sont tous les deux produits pendant la phase de décollage, ils présentent certaines similitudes », a indiqué le Bureau chinois de l’aviation civile pour justifier sa décision. « Nous allons contacter le régulateur aérien américain (FAA) et Boeing. Après avoir confirmé avec eux les mesures prises pour assurer efficacement la sécurité des vols, nous informerons les compagnies aériennes (nationales) qu’elles pourront reprendre les opérations commerciales du Boeing 737 MAX 8 ».

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Sur place, les équipes de secours rapatrient les corps des victimes. © Michael TEWELDE / AFP

Ethiopian Airlines, la plus grosse compagnie d’Afrique

Sa réputation risque de prendre un coup dans l’aile. Pourtant, Ethiopian Airlines représente la compagnie aérienne la plus importante du continent africain, rappelle Franceinfo, citant une étude qui place l’aéroport d’Addis-Abeba à la première place des aéroports de transit pour les voyageurs d’Afrique subsaharienne, devant Dubaï. Détenue à 100% par l’État éthiopien et possédant plus de 100 appareils, elle a connu une forte expansion ces dernières années.

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