Les transgenres bannis de l’armée américaine : mise en place imminente

Les transgenres bannis de l’armée américaine : mise en place imminente

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Avec cette décision, le président américain va à l'encontre de son prédécesseur. | © EPA

Société

Au mois de décembre, Donald Trump demandait à la cour Suprême des États-Unis de bloquer temporairement l’engagement de personnes transgenres dans l’armée. En janvier, le président américain recevait le feu vert de cette même cour. Hier, le Pentagone a décidé de fixer des limites au recrutement des personnes trans. La mise en œuvre de cette nouvelle mesure est prévue à partir du 12 avril prochain.

Ce mardi 12 mars, le département américain a signé un mémo imposant des restrictions aux personnes transgenres qui veulent servir dans l’armée, rapport le Huffpost. Dès juillet 2017, Donald Trump avait annoncé l’interdiction pour les personnes transgenres de s’engager dans l’armée américaine. Il s’asseyait ainsi par la même occasion sur la petite révolution qu’avait imposée son prédécesseur Barack Obama, en 2016, en ouvrant les portes de l’armée aux personnes transgenres, les laissant pour la première fois servir dans l’armée et recevoir des soins médicaux pour les personnes en transition.

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Son projet a fait l’objet de nombreuses contestations judiciaires. Les tribunaux de première instance du pays lui ont interdit de bloquer les prétendants aux postes. Résultat, les démarches judiciaires ont mis sa politique en suspens. Afin de court-circuiter ces instances qui l’empêchaient de mettre son projet en œuvre, le président américain a saisi la plus haute instance du pays, la cour suprême et, le 22 janvier passé, nous apprenions que celle-ci avait décidé d’annuler les précédentes décisions prises par des instances juridiques inférieures.

Des coûts médicaux importants

La nouvelle politique de Donald Trump avait donc le champ libre. Ce mardi 12 mars, le département américain de la défense a signé un mémo imposant les restrictions requises par le président américain et la nouvelle mesure entrera en vigueur le 12 avril prochain. Le mémo prévoit de permettre aux secrétaires de service d’émettre des dérogations au cas par cas. Cette politique interdit aux personnes transgenres ayant besoin d’un traitement hormonal ou d’une chirurgie de transition de servir dans l’armée. Donald Trump invoque notamment les coûts médicaux que cela engendre pour justifier son choix. Or, en 2016, une étude demandée par le Pentagone révélait que les impacts sur les coûts et les opérations militaires des troupes transgenres seraient marginaux et augmenteraient de 2,4 à 8,4 millions de dollars le budget de la santé qui est de 6 milliards de dollars. L’étude estimait également que les traitements n’affecteraient qu’entre 25 et 130 soldats en service. En comparaison, il y a 15 000 soldats en service dans l’armée qui ne peuvent pas être déployés pour d’autres raisons, explique Newsy qui rapporte que des chercheurs ont estimé qu’écarter les troupes transgenres couterait à l’armée 960 millions de dollars. D’après les chiffres officiels, sur 1,3 million de militaires, 8980 sont identifiés comme étant transgenres.

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Cette décision est une catastrophe pour les défenseurs des droits des personnes transgenres. « L’administration Trump est déterminée à ramener une politique de ‘don’t ask, don’t tell’ qui oblige les militaires à choisir entre servir leur pays et dire la vérité sur ce qui ils sont », a déclaré Aaron Belkin, directeur du groupe de réflexion Palm Center sur les droits des personnes LGBT et rapporté par Reuters.

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