Dans le désert californien, le « super bloom » tourne à l’apocalypse touristique

Dans le désert californien, le « super bloom » tourne à l’apocalypse touristique

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Quand il se produit (en moyenne une fois par décennie), le phénomène attire des centaines de milliers de visiteurs dans les petites localités aux alentours. | © Instagram : cattykitty33

Société

La super floraison survenue dans le désert californien d’Anza-Borrego a une nouvelle fois provoqué le chaos.

 

En temps normal, le phénomène ne se produit qu’une fois par décennie en Californie. Mais cette année, le « super bloom » a encore frappé, faisant apparaître des millions de fleurs sauvages aux couleurs éclatantes et marquant officiellement le début du printemps.

Déjà survenue en 2017, cette super floraison – provoquée par les pluies abondantes de ces derniers mois – a battu un nouveau record qui soulève plusieurs inquiétudes.

Désert en fleurs

Habituellement vierge et aride, le désert d’Anza-Borrego (plus grand parc d’État de la Californie) est désormais recouvert de fleurs et resplendit de couleurs. Si le « super bloom » s’était déjà produit en 2017 et en 2009, il s’avère particulièrement remarquable cette année. Comme l’expliquait Mike McElhatton (directeur du programme éducatif de l’Anza-Borrego Desert Natural History Association) au site AccuWeather début mars, « par le passé, nous n’avons eu que de petites concentrations dans certaines vallées. Cette année, (…) la majeure partie du parc sera en fleurs », annonçait-il, cité par le magazine Geo. « La pluie a frappé de façon presque parfaite (…) Nous allons avoir une floraison réellement étendue (…) Cela va être mieux que ça ne l’a été au cours des quelque douze derniers années« . En témoignent déjà les nombreux clichés partagés sur les réseaux sociaux.

En plus de métamorphoser les 300 000 hectares du parc californien ainsi que de redonner vie à certaines espèces de fleurs devenues rarissimes, le « super bloom » a attiré « la plus importante migration de papillons depuis 2005 », rapportait CNN le 14 mars dernier. Mais aussi et surtout beaucoup (trop) de touristes.

Chaos humain

Face à l’abondance des fleurs et la beauté du paysage, les visiteurs affluent pour prendre les plus belles photos du spectacle. À tel point que la municipalité de Lake Esinor est désormais contrainte de bannir les touristes devenus trop nombreux, générant ce que certains appellent « l’apocalypse du super bloom » ou « flowergeddon », indique The Independent.

« La ville a utilisé toutes les ressources disponibles pour le super bloom », ont écrit les autorités sur la page Instagram de la ville. « Nous avons recruté tout le personnel disponible, autant de contrôleurs extérieurs que nous le pouvions, plus de navettes mais notre petite ville ne peut pas supporter une foule de cette ampleur – notre ville n’est pas faite pour des foules de la taille d’un Disneyland. »

Hors de contrôle

Embouteillages, bousculades, accidents, non respect de la nature… La situation a rapidement tourné au chaos, ont déploré les autorités californiennes. « S’il vous plaît, nous avons besoin de votre aide et de votre compréhension. Ceci est hors de notre contrôle. Alors restez en dehors de cette zone et des routes locales si possible”, ont-elles prié aux visiteurs. En 2017, quelque 200 000 visiteurs s’étaient précipités dans la petite localité de Borrego Springs qui s’est rapidement retrouvée à cours de nourriture, d’essence et d’argent, souligne la revue Geo« C’était comme le Super Bowl des ‘super blooms’. Nous avons été pris au dépourvu« , avaient témoigné certains locaux.

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Lundi matin, le maire de Lake Esinor a annoncé la réouverture de l’accès au Walker Canyon, précisant que l’accès au parking demeurait extrêmement limité. « Comme vous pouvez le constater, il y a un certain nombre de personnes qui se déplacent pour admirer le paysage. Mais nous sommes pleins. Si vous pouviez revenir plus tard, nous vous en serions très reconnaissants », a-t-il déclaré, rappelant aux visiteurs de ne pas cueillir les fleurs. Un phénomène qui n’est pas sans rappeler notre bois de Hal et son sublime tapis violet, piétiné chaque année par des dizaines de milliers de visiteurs.

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