La Havane, paradis des side-cars

La Havane, paradis des side-cars

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Devenues rarissimes en Europe, ces motos affublées d'un compartiment passager sur le côté sont des centaines à pétarader dans les rues de La Havane - et des milliers dans l'île. | © Flickr / Paul Kenjerski

Société

Arrivés à Cuba dans les années 1960-70, les side-cars ont d’abord servi à l’armée, aux entreprises publiques et à l’agriculture, avant d’être adoptés par les habitants.

 

Elle est connue mondialement pour ses vieilles berlines américaines, mais La Havane est aussi le paradis des motos avec side-cars, venues de Russie, de Tchécoslovaquie ou d’Allemagne de l’Est quand Cuba était dans le giron de l’Union soviétique.

Au volant de sa Jawa 350 de 1989, rouge et bien lustrée, Alejandro Prohenza Hernandez est fier : « Beaucoup d’étrangers aiment bien se prendre en photo avec ». Un jour, « un Bolivien m’a dit qu’il n’avait jamais vu une moto avec side-car en vrai, uniquement dans les films sur les nazis ». Gérant d’un paladar (restaurant privé), cet homme de 48 ans reçoit régulièrement des offres d’achat. Mais hors de question de céder son véhicule, avec lequel il fait voyager femme et enfant, transporte des courses ou apporte des fournitures au restaurant. « C’est très pratique ! », dit Alejandro, qui considère l’engin comme sa « deuxième » fille et se réjouit de ne pas avoir à l’amener souvent « chez le médecin », c’est-à-dire le mécanicien.

Une invitation au voyage dans l’ex-Union soviétique

Devenues rarissimes en Europe, ces motos affublées d’un compartiment passager sur le côté sont des centaines à pétarader dans les rues de La Havane – et des milliers dans l’île. Leur histoire raconte aussi celle de Cuba, qui après sa révolution socialiste en 1959 s’est fâché politiquement avec les États-Unis et a trouvé dans l’URSS un précieux grand frère, jusqu’en 1990. Sur l’île, les marques des side-cars sont une invitation au voyage dans l’ex-Union soviétique, entre les Russes Ural, Dniepr et Jupiter, les Tchèques Jawa et CZ ou encore la MZ, qui était fabriquée en RDA. Arrivés à Cuba dans les années 1960-70, ils ont d’abord servi à l’armée, aux entreprises publiques et à l’agriculture, avant d’être adoptés par les habitants.

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Le look désuet des side-cars fait le bonheur des touristes, surpris d’en croiser autant, mais « ici c’est banal », confie Enrique Oropesa Valdez, 59 ans, un moniteur de conduite. Lui-même possède un Ural vert de 1977, qu’il bichonne : « J’y tiens beaucoup, c’est le moyen de transport de ma famille et c’est une source de revenus ». Et cela coûte moins cher qu’une voiture, encore difficile d’accès pour bien des Cubains.

 

Avec Belga

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