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Des victimes de viol s’unissent pour mettre fin à l’impunité dans quatre pays nordiques

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Image d'illustration. | © Unsplash / Kevin Laminto.

Société

Un rapport dévoilé par Amnesty international révèle que les victimes de viols de quatre pays du nord de l’Europe (Danemark, Finlande, Norvège, Suède) appellent à mettre fin à « l’impunité ». Pour elles, la législation défend encore trop les auteurs de ces crimes.

« Time for change ». C’est le nom du rapport que dévoile Amnesty international en exclusivité, mercredi 3 avril. « Il est temps de changer les mentalités »,  demandent victimes de viols de quatre pays nordiques : la Finlande, le Danemark, la Suède et la Norvège. Alors que ceux-ci figurent parmi le nations les mieux situées en matière d’égalité des genres, le système judiciaire porterait « préjudice aux victimes de violences sexuelles », peut-on lire dans le rapport. En cause, des « mythes et stéréotypes néfastes liés au genre », mais surtout une législation déficiente.

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« La stigmatisation sociale et le manque de confiance dans le système judiciaire dissuadent souvent les femmes et les filles de signaler les agressions, et celles qui les déclarent sont souvent abandonnées à des systèmes judiciaires marqués par les préjugés et des lois obsolètes », pointe du doigt le rapport.


Amnesty international tient à rappeler que chaque pays a sa propre situation, mais que, très souvent, le système judiciaire « tolère implicitement les violences sexuelles faites aux femmes ». Dans trois pays en particulier (Finlande, Norvège et Danemark), un point législatif pose problème.

Alors qu’ils ont signé un texte définissant que le viol ou tout acte à caractère sexuel non consenti doit être défini comme une infraction pénale, leur loi ne définit nullement le viol « sur la base de l’absence de consentement ». Ainsi il y aurait une « présomption tacite dans la loi selon laquelle une victime était consentante si elle n’a pas pu résister physiquement ». Or, des spécialistes ont fait état de nombreux cas de « paralysies » ou de « sidérations » communes à une agression sexuelle ne permettant pas se défendre.

Des chiffres effarants

Amnesty international rapporte des chiffres saisissants, comme en Finlande où, chaque année, plus de 50 000 femmes sont victimes de viols et où seulement 209 personnes ont été condamnées en 2017 à titre d’exemple. En Norvège, c’est tout le système de dépôt de plainte qui est stigmatisé par le rapport. « En raison de mythes répandus et erronés sur le viol, les victimes ont des difficultés à signaler le crime à la police et à demander une aide médicale. »

Au Danemark, rares sont les poursuites engagées transformées en déclaration de culpabilité, se désole Amnesty international. Sur 24 000 femmes victimes de viol ou de violences sexuelles, seules 890 ont franchi le pas du dépôt de plainte. Parmi ces cas, « 94 déclarations de culpabilité seulement ».

Enfin en Suède, une nouvelle loi relative aux crimes sexuels a été adoptée, une mesure qui sera sans doute « insuffisante » selon l’ONG, tant les services de police affichent des lenteurs au moment d’auditionner les suspects. Seuls 6% des cas ont entraîné des poursuites en 2017.

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Le rapport préconise donc de mettre en œuvre « des lois fondées sur le consentement en matière de viol ». La Suède est le seul pays nordique à avoir consenti à faire cet effort. En Europe du sud, la situation bouge. L’Espagne a adopté une nouvelle législation, alors qu’au Portugal, un projet de loi est en cours d’examen.

Avec Belga

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