Saurez-vous reconnaître la fake news ?

Saurez-vous reconnaître la fake news ?

fake news

Fake news or not fake news ? | © Elijah O'Donnell /Unsplash

Société

Et si pour découvrir les fake news qui nous entourent, on jouait à un jeu ? Plusieurs sites et applications vous donnent les clés pour tester vos connaissances et de savoir si vous êtes capables de déceler les intox colportées parfois par certains journaux ou réseaux sociaux. 

À une époque où l’on est tous les jours assaillis d’informations via les réseaux sociaux, notamment, il n’est pas toujours facile de faire le tri entre les nouvelles avérées et vérifiées et les fake news qui se propagent à la vitesse de l’éclair sur Internet. Lorsqu’on ajoute à cela les poissons d’avril et les sites parodiques (comme Nordpresse ou le Gorafi), une fausse information peut facilement avoir fait le tour du monde avant d’être démentie, preuves à l’appui. Et les fausses nouvelles sont propagées aussi bien par les sites d’informations que par des personnalités (Donald Trump en est un exemple flagrant) qui, au travers de leurs discours, poussent les gens à croire des informations fausses. En Belgique, il n’existe pas de législation punissant la diffusion de fake news.

Lire aussi > Liberté de la presse : Les ravages des fake news au quotidien

Les journaux et les journalistes sont bien au fait de ces intox et la sensibilisation des lecteurs par rapport aux fake news est de plus en plus abordée. On pense notamment à la section « fake off » du journal 20 Minutes qui lutte contre les rumeurs, hoax et fausses informations, les rubriques « Faux et usage de faux » du JT de France 2 et « Factuel » de TF1, les sites « Checknews » de Libération et « Les décodeurs » du Monde ou encore la section « Factuel » de l’AFP qui rassemble une trentaine de reporters dans plusieurs pays afin de créer un réseau de journalistes incollables pour les vérifications, sans oublier le site internet « Hoaxbuster ». Plusieurs médias français ont également décidé de collaborer avec Facebook pour réduire la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Débusquer les fausses informations en jouant

Au-delà de ces sites qui offrent sur un plateau les réponses aux questions que les lecteurs se posent concernant la véracité d’une information, des applications ont été développées. Le but étant de découvrir les fausses informations qui se cachent parmi les nouvelles. Ici, la démarche est différente de ce que proposent les sites d’informations. On ne se pose plus de questions concernant la véracité de tel ou tel article, on essaye de faire prendre conscience au lecteur de ses capacités à déceler le vrai du faux. En y jouant, on se rend compte que les codes des faux articles sont les mêmes que ceux des articles classiques et la fausse information n’est pas toujours celle que l’on pense.

Lire aussi > Ne dites plus « fake news », mais « infox »

Certains sites internet, comme Getbadnews, ne se contentent pas de vous tester, ils vous mettent réellement dans la peau d’un méchant magna des fake news qui a comme ambition de tromper un maximum de personnes possible. En vous posant de rapides questions auxquelles vous n’avez que deux ou trois choix de réponse, le site vous emmène là où lui le souhaite et vous montre ainsi comment sont créées les fake news. Attention, pour arriver au bout, il faudra traverser une bonne dose de second degré. Mais c’est bien là toute la subtilité du jeu : on vous met dans la peau de ce que vous souhaitez combattre.

fake news
Un exemple du site getbadnews.com. © Capture d’écran/Getbadnews

Récemment, c’est « Litmus : Fight the fake news » qui est sorti en Inde pour apprendre aux lecteurs comment reconnaître les fake news. Le principe est simple et il se base sur les codes de Tinder pour choisir si les nouvelles sont correctes ou non. Info ? Glissez vers la droite. Infox ? Glissez vers la gauche. À chaque nouvel article de presse auquel vous vous frottez, vous trouvez également la source afin de pouvoir lire l’information (la vraie) en entier. Cela permet non seulement de vérifier si certains articles de presse sont avérés ou non, mais surtout de se rendre compte de notre sensibilité par rapport aux fausses informations. Malheureusement, pour le moment, l’application n’est pas disponible en Belgique.

En revanche, Factitious est bel et bien disponible chez nous et fonctionne plus ou moins de la même façon. Un article de presse apparaît avec la source et il suffit de dire si on pense que c’est une vraie information ou non. Le lien vers l’article de base est également répertorié et le site internet en profite pour donner quelques conseils pour déceler le vrai du faux et les indices dans chaque article qui devraient nous mettre sur la voie pour trouver la bonne solution.

Lire aussi > Facebook va noter votre fiabilité pour lutter contre les Fake News

Un problème aussi pour les photos

Le problème des fake news existe aussi pour les fausses photos. Les photos retouchées, recadrées ou associées à un mauvais événement peuvent être autant de fausses informations qui trahissent le lecteur. Tout comme les sites de fact checking, il existe aussi des moyens de vérifier la véracité des photos ou des vidéos. Une vérification simple consiste à faire un clic droit sur la photo et choisir « rechercher l’image sur Google ». Vous aurez alors tous les articles associés à l’image et il sera possible de voir si celle-ci est associée à un autre événement ou non. Des moteurs de recherche existent aussi, comme Tineye. Il suffit d’y glisser la photo et le site internet nous indique les dates et les articles sur laquelle cette photo est trouvée, ainsi que la source. D’autres sites vont même plus loin et analysent les métadonnées des photos qu’on y télécharge, indiquant la légende, l’auteur de la photo, la date à laquelle été prise ainsi que son lieu. Cela donne pas mal d’informations qui permettent de recontextualiser la photo. On peut citer Jeffrey’s image metada viewer ou Foto forensics (encore plus complet).

Les sites pour débusquer les fausses informations ne manquent donc pas. Et si parfois, on préfère ne pas prendre le temps d’aller à la chasse aux fake news, un petit fact checking est toujours à portée de clic. Histoire de ne pas se faire submerger par davantage d’informations, autant commencer par éviter les mauvaises.

CIM Internet