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Bad buzz pour Google : le site vend des spots à un groupe qui promet de guérir l’homosexualité

Ce n'est pas la première fois que le géant américain s'attire les foudres des annonceurs | © Belga

Société

Hope for the Same-Sex Attracted ( Un espoir pour ceux qui sont attirés par le même sexe ) c’est le titre d’un livre de Ron Citlau, un pasteur de Chicago qui promet de guérir l’homosexualité. Un livre controversé, pour lequel des publicités sont apparues sur YouTube, la plateforme vidéo de Google. 

Les publicités pour le livre de Ron Citlau sont apparues lors de visionnages de vidéos de Steven Anderson, un prédicateur homophobe selon qui les homosexuels devraient être condamnés à la peine de mort. Un placement qui laisse penser que Citlau a utilisé les algorithmes de Google pour cibler les visiteurs chrétiens. Un placement malheureux, qui pourrait coûter cher au géant américain, déjà au coeur d’une autre controverse.

Levée de boucliers

Le Times a ainsi dévoilé que les banques HSBC, Lloyds et Royal Bank of Scotland ont récemment suspendu les campagnes publicitaires qu’elles lui avaient confiées, après que celes-ci soient apparues sur des vidéos extrémistes. Motif évoqué :la crainte de voir leurs budgets publicitaires renflouer des prédicateurs de haine et d’antisémitisme. Des pertes de budgets qui font suite à la décision de McDonald’s, la BBC, L’Oréal et Audi de suspendre leur collaboration publicitaire avec Google.

Pour limiter les dégats, le géant américain enchaîne promesses de changement et mea culpa © Belga

Changement de mentalité

Une situation cauchemardesque pour Google, qui détient 35% de la publicité numérique. Selon L’Echo, l’agence de marketing française Havas a déjà stoppé les campagnes de publicité sur Google pour 240 de ses clients britanniques, y compris O2 et Royal Mail. Une décision qui incarne un changement de mentalités par rapport à la Silicon Valley. Cité par L’Echo, Martin Sorrell, le CEO de WPP, la plus grande agence de publicité du monde, ç’en est fini pour Google et Facebook de s’abriter derrière leur statut de « sociétés de technologie ». « En tant qu’éditeurs de vastes pans de contenus en ligne, ils doivent commencer à agir avec le même niveau de responsabilité que les autres entreprises des médias,  comme les journaux, les chaînes de radio et de télévision. Dire qu’ils ne sont que des ingénieurs numériques … ou que leurs volumes sont trop grands pour pouvoir les surveiller plus n’est plus une excuse » souligne Martin Sorrell.

Amende honorable

Du côté de Google, on essaie de limiter la casse. Promesse a en effet été faite de donner aux marques plus de contrôle sur la diffusion de leurs publicités, en indiquant notamment où et quand elles apparaîtraient. Suffisant pour regagner la confiance des annonceurs ? Matt Brittin, le président de Google pour l’Eurpe, l’Afrique et le Moyen-Orient, fait amende honorable. « Je voudrais présenter nos excuses à nos partenaires et annonceurs qui ont vu leurs publicités apparaître auprès de contenus controversés. Nous prenons très au sérieux nos responsabilités pour ces problèmes » .

Mots-clés:
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